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Compte rendu de la pièce "Les Borgnes"

30 Janvier 2012 , Rédigé par profs Publié dans #Guerre d’Algérie - carrefour des Mémoires

Le jeudi soir 26 janvier , près de 30 élèves (accompagnés de Mme Boulogne ,Proviseure , de Mme Caussé et M. Planquais ) de 1S1,TES2 et 1ES1 ont assisté à la pièce "Les Borgnes" à Mantes-la-Jolie .                                                                                                              public-2.JPG

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La représentation a été suivie pour certains d'une interview pour une émission de France Inter (qui sera diffusée en mars , au moment de la commémoration de la signature des Accords d'Evian) et d'échanges avec les acteurs de la Compagnie El Ajouad link:

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Voici quelques comptes rendus de cette soirée :

 

*La soirée du jeudi 26 Janvier fût chargée en émotion. Grâce au projet sur la Guerre d'Algérie, quelques élèves et professeurs ont pu assister à une pièce de théâtre intitulée « Les Borgnes » … et quelle pièce de théâtre ! Le jeu d'acteur était merveilleux, la pièce était poignante, saisissante, vibrante.. Nous étions absorbés par cette histoire dramatique où il nous était difficile de dissocier la comédie de la réalité.

Lumière tamisée, chuchotements puis plus un bruit.. Et dans l'ombre, surgit le jeune acteur jouant le rôle de Samir prêt à nous raconter une anecdote sur son enfance à l'école, le début de sa quête d'identité.. « Le 6 juillet 1962, l'Algérie quitte la France après 132 ans de colonisation.. » cette phrase sera répétée tout le long de la pièce, elle est son fil directeur.

 

Le problème est le suivant : Samir est borgne. Et alors me diriez-vous ? Eh bien, il voit les choses différemment, selon qu'il regarde avec son œil droit ou avec son œil gauche.. L'un lui montre une facette de la vie, l'autre son contraire ! Il apprit à vivre avec cette maladie, malgré qu'il essayait de s'en débarrasser en mettant une lentille noire sur son œil gauche, cependant, un jour bouleversa sa vie.. Le jour où il se rendit compte, qu'il avait transmis sa maladie à son fils, Sami. Il s'en suit une longue quête.. Samir cherche à savoir d'où provient cette maladie malfaisante et il va déboucher sur bien des secrets, dont le fait que son instituteur soit en réalité son père biologique... Cette pièce repose tout le long sur la quête d'une identité, d'un père, d'une histoire.. L'histoire de la guerre d'Algérie mêlant plusieurs histoires personnelles, plusieurs héritages...

 

En bref, cette pièce de théâtre regorgeait d'énergie ! Nous étions secoués du début jusqu'à la fin, beaucoup de personnages, tous plus déjantés et attachants les uns que les autres nous entraînaient dans leurs histoire... A noter les pointes d'humour qui ne cessaient de ponctuer cette pièce malgré les situations dramatiques dans lesquelles se trouvaient les personnages dénonçant ainsi les violences faîtes lors des années 90 et de la montée du terrorisme , avec la femme violée par exemple, ou lors de la guerre elle-même. Cette représentation théâtrale était donc une fabuleuse et assez impressionnante dénonciation des violences de cette guerre. Presque tous les cas de figures y étaient représentés : le jeune appelé qui a laissé son ami « Hamid » se faire tuer devant ses yeux, la jeune femme qui cherchait en vain son enfant « Houcine », ou encore le professeur ou plutôt, le père biologique de Samir.. Toutes ces personnes ont fini.. à l'asile psychiatrique ! Ce qui donnait une dimension assez surréaliste à cette pièce, nous donnant une facette du stress post-traumatique qu'a pu induire cette guerre sur la destinée et le mental de ces êtres embarqués sans le vouloir dans cette guerre silencieuse..

 

En tant qu'élève, j'ai trouvé cette sortie très enrichissante (et je ne suis pas la seule, beaucoup d'élèves ont adoré !) pour ma culture générale et pour notre projet sur la guerre d'Algérie. De plus, je trouve cela intéressant et valorisant qu'il y ait des personnes qui essayent de dénoncer des choses en utilisant l'art, leur passion. Le devoir de mémoire doit être conservé et je pense que cette pièce fût très intéressante à ce niveau-là. Nous en sommes sortis tout chamboulé, encore bravo aux comédiens et merci aux professeurs et à l'établissement, de nous permettre d'accéder à ce genre de sorties divertissantes et pédagogiques à la fois.

 

Compte rendu de Sanaa Loutfi, 1ère S1  

 

 

* Une pièce de théâtre de Mustapha Benfodil: « Les BORGNES ou le colonialisme intérieur brut ».

Date: Le 26 janvier 2012

Lieu: Au Collectif 12 à Mantes-la-Jolie

 

Nous avons beaucoup aimé cette pièce de théâtre car l'auteur de cette pièce Mustapha Benfodil et ses collègues ont su nous rappeler les évènements de la guerre d'Algérie d'une façon ironique: « Une parabole tragi-comique pour mieux saisir l'état des mémoires séparées d'une histoire commune à deux pays » de Mustapha Benfodil. Cela a permis de rappeler la difficulté d'oublier une telle mémoire de cette guerre atroce ,d'où certaines dates marquantes: 1er novembre 1954, 28 mai 1957, 17 octobre 1961, 19 mars 1962 et le 5 juillet 1962. De plus, la mise en scène, le rôle des personnages et les différentes situations ( asile psychiatrique, cabinet médical,...) sont excellents et sont réalisés d'une manière très intelligente.

 

 Résumé:

 

C'est l'histoire de Samir qui souffre d'une maladie héréditaire où son unique fils Sami hérite de la même maladie: la vision. Il voit selon l'œil droit ou gauche une vision opposée des choses. Après avoir transmis cette étrange maladie, Samir part à la recherche de son vraie père. Jusque-là, il s'était toujours cru le fils d'un « héros » de la guerre d'Algérie ( Général Belgacem Zagrache). Il retrouve son père biologique, aveugle dans un asile psychiatrique et suite à une discussion avec son père, il apprend que sa mère fut morte dès son arrivée au monde par des hommes inconnus. Enfin, il rencontre plusieurs personnes rescapées souffrant des événements de la guerre d'Algérie.



Faissal et Hamid Sabri de 1S1

 

 

* Les Borgnes est une pièce de théâtre écrite et jouée dans le but de "corriger la myopie de l'histoire" par Mustapha Bendofil, mis en scène par Kheireddine Lardjam et jouée par la compagnie El Ajouad composée de Linda Chaib, Sid Ahmed Agoumi, Azeddine Benamara, Marie Louet et Tarik Bouarrara.

 

Elle traite de l’histoire de Samir, un jeune metteur en scène algérien souffrant d’une maladie héréditaire qu’il nomme la « schizophrénie optique ». En effet il voit les choses de façon opposée selon qu’il regarde avec l’œil droit ou l’œil gauche. Après avoir réalisé qu’il avait transmis cette maladie à son fils, il part à la recherche de son père en espérant que celui-ci pourra l’aider à guérir son fils Sami. Sur son lit de mort l’homme dont Samir s’était toujours cru le fils, le Général Belgacem Zagrache un preux chevalier du Djebel devenu un nabab parmi les nababs de l’Algérie indépendante et lucrative, lui avoua ne pas être son père biologique. Samir se console avec l’alcool, il ne sait plus à quel Dieu s’en remettre. Sarah, sa femme est une architecte devenue chef d’entreprise et elle est aussi fille de Harki. Elle nous fait part de son histoire à travers un monologue. Elle avait l’impression que la mémoire de son père s’était greffée à la sienne. Au début de sa carrière d’architecte, elle raconte qu’elle était effrayée et s’attendait à ce que le ciel s’effondre sur sa tête à cause de son nom. Sarah avait peur des représailles notamment à l’aéroport lorsqu’elle est arrivée en Algérie.

 

Dans sa quête de l'héritage familial de son père, Samir se découvre être le fils d’un aveugle dans un asile psychiatrique, le professeur Aflatoun. Ainsi son père « bio » comme il l’appelle lui raconte avec beaucoup d’émotion ce qui lui est arrivé et quel rôle le père adoptif de Samir (« le père sauvage cornélien ») a joué dans son malheur. Un matin ,non intentionnellement,  il a chaussé le mauvais œil, l’œil de nuit et a donc caché sa pupille saine. Il avait le pouvoir de corriger les injustices du temps. Avec son œil maudit à l’air libre il est parti fredonner sa leçon ce qui a eu de lourdes conséquences. Il a été arrêté par Belgacem Zagrache et torturé. Les années suivantes ont été un supplice. Samir voit maintenant son père adoptif comme un tortionnaire alors qu’il y a peu il l’admirait. Le professeur Aflatoun avait dénoncé les mensonges de l’Etat érigés par l’héritage et il en a payé le prix. Samir essaye de connaître sa mère mais il n’obtient de son père que son nom : Aziza.

Le père de Samir n’est pas la seule victime de la guerre. Il y a d’autres patients qui ont été victimes des actes de violence et de terrorisme des années 90. Un capitaine instructeur partage sa chambre avec Aflatoun. C’est un soldat traumatisé par la guerre, il a vu son ami Hamid se faire assassiner devant ses yeux et il n’a rien pu faire. Mais il n’est hélas pas le seul que Samir rencontre. Il y a aussi une jeune femme qui a été violée par des terroristes et on lui a enlevé son bébé né de ces crimes. Elle ne cesse de répéter le mot « pardon », ce qui fait référence au fait qu’à la fin de ces mouvements on l’a obligé à signer un document et par ce geste à pardonner ses agresseurs . Elle, la victime devait accorder son pardon aux hommes qui lui ont arraché sa dignité, son enfant, et tout ce qu’elle est. Une autre patiente souffre aussi de la disparition de son fils Houcine. Elle est convaincue qu’il reviendra ou parfois même qu’il est avec elle. A travers ces traumatismes Samir est le témoin des horreurs qui ont frappé l’Algérie. Il apprend que « nous venons chacun du néant de l’autre ».

Pour atténuer l’aspect tragique de ces histoires, la pièce est ponctuée de scènes et de répliques comiques : « Algéropithèque », « les fables Apocalypse Now c’était pas son truc » (en référence à son père adoptif). Il y a également une scène où des personnages évoquent des dates de façon humoristique en inversant les faits : « 1980 John Lennon assassine un de ses fan », « 6 août 1945 le Japon largue une bombe sur l’orgueil des Etats-Unis », « 1789 place de Clichy Robespierre est guillotiné pendant que Marie Antoinette boit son café ».

La pièce est également marquée par la chanson « Tic tac tic tac », que l’on pourrait qualifier de très puissante de par ses paroles : « je suis la matrice du monde », « je suis l’âme du pendu », « je suis la mémoire des temps amnésiques », « je suis une bombe à retardement » ; ses rimes « génocide / infanticide » et son interprète. 

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On peut donc dire que cette pièce fut une oeuvre enrichissante du point de vue historique et culturel, très agréable à regarder et très bien jouée par les acteurs, que nous  félicitons pour leur  talent.

 

Eva Fkatchouk et Yasmine Haggoud de 1S1

 

 

 

* Jeudi soir, tous réunis, élèves comme professeurs, nous avons assisté au Collectif 12 à Mantes, à la pièce de théâtre de Mustapha Benfodil, Les Borgnes.
Cette pièce, entre humour cinglant et ironie, nous fait découvrir l'histoire de   Samir, metteur en scène. Samir est un « borgne lumineux ».  Depuis sa naissance, il souffre de problèmes de vue. Sa vision est différente, selon qu'il regarde avec l'oeil droit ou l'oeil gauche. L'homme, alors à la recherche de ses repères, se lance dans une quête pour retrouver son vrai père. Une histoire poignante débute alors. Il s'en suit une série de découvertes pour le metteur en scène, mélangeant à la fois humour et tragédie.

C'est à travers des personnages attachants et souvent emplis d'histoire que nous découvrons à la fois la complexité et les traces laissées par ce qui fut la « Guerre sans nom » : La guerre d'Algérie.

Au fil de l'histoire, à travers différents points de vue, mémoires et traumatismes laissés par cette guerre se mélangent.

Nous en sommes sortis avec l'envie d'en savoir plus, une pièce qui fait réfléchir sur les conséquences des conflits humains.
Deux pays, mais malgré tout, un seul souvenir.

 

Manon Tourtin , TES2

 

 

* Au son de ce titre, j’ai été directement interloquée. L’histoire tournerait autour de personnes dont un œil manquerait, et le thème de cette année est la guerre d’Algérie.  Je voyais assez mal la concordance entre les deux, mais le résultat fut fabuleux ! L’histoire, le choix des personnages, le jeu des acteurs, la mise en scène, le décor, tout était parfait ! 

 

Les borgnes, ici, ce sont des individus qui n’ont pas perdu au sens propre un œil, mais qui ,par hérédité, voient le monde passé de deux façons différentes, soit la guerre d’Algérie de manière exécrable ou bénéfique ; ce qui nous offre déjà deux points de vue. C’est par la découverte de cette « maladie » chez l’enfant d’un couple d’Algériens, dont le père, Samir, l’a aussi, que cette pièce commence, où tout du long le père fait des découvertes sur sa vie, son passé, le passé de la guerre de 1954-1962, et celui de l’après guerre avec le terrorisme,  en même temps que nous, spectateurs de la pièce. Des rebondissements, un passé étonnant et effrayant nous sont montrés à chaque instant comme pour nous bombarder, pour dénoncer les atrocités de cette guerre qui ont été longtemps mises sous silence.

 

Pour cela, des personnages types sont présents sur scène, et dévoilent leur passé douloureux. On rencontre la mère de l’enfant malade, fille de Harki, qui expose dans un long monologue différentes émotions en passant d’une tristesse qui nous contamine à une euphorie très bien jouée. Aussi dans un asile de fou, on voit certains secrets de la guerre , cachés, cantonnés ensemble, où leur association dans une même pièce, crée une scène explosive à couper le souffle ! On y découvre le vrai père de Samir, les horreurs de son « faux » père qu’il croyait être un héros, avec aussi un ancien combattant qui en se tordant de douleur, en délirant, déplorait la mort de son ami Hamid, et une mère persuadée que son fils Houcine lui reviendrait, donnait son amour maternel à une femme, qui elle a été violée pendant le terrorisme des années 1990. Cette dernière paraissait danser avec la mort. Le tout est si touchant, que j’en ai pleuré. Chaque acteur avait un impact sur un autre, et sur le public . Des pointes d’humours sont aussi présentes, allégeant la violence des mots qu’ils proféraient.

 

Cet humour était présent particulièrement, au moment des changements de scènes, où deux personnages habillés en ouvriers changeaient le décor tout en se questionnant sur certaines dates importantes de la guerre d’Algérie, allant jusqu’aux récentes, faisant même référence « au coup de boule » de Zinedine Zidane, qui a des origines Algériennes ; l’humour étant les réponses erronées, dont les justes sont connues de tous. Le décor était simple, composé de cloisons  mouvantes faisant office de murs ou porte, avec en plus des lits à roulettes ou une table et une chaise ; ce qui permettait un espace de jeu assez conséquent.

 

 

En deux mots, je dirai de cette pièce qu’elle est choquante pour ne pas dire violente, ce qui permet d’avoir un impact sur les spectateurs, et qu’elle est originale, vu le problème des « borgnes ». Aussi, grâce à elle, j’ai pu apprendre de nouvelles choses concernant cette guerre et ses conséquences, comme la folie. C’est enfin une bonne façon de commémorer les cinquante ans de la guerre d’Algérie, par le théâtre.

 

 OULEBSIR Lilya Yasmine. ,1S1

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