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Compte rendu de la conférence de G. Manceron

16 Janvier 2012 , Rédigé par profs Publié dans #Guerre d’Algérie - carrefour des Mémoires

Voici un premier compte rendu  réalisé par Marion Kleinberger de 1S1 possible illustration pour l'article 1

 

Conférence du 12 janvier : « 17 Octobre 1961 »

 

Jeudi 12 janvier 2012 se tenait à la salle Jacques Brel, une conférence à l’initiative de la Ligue des Droits de l’Homme qui avait invité l’historien Gilles Manceron – spécialiste du colonialisme français. La conférence portait sur la manifestation du 17 Octobre 1961.

Bien qu’il s’agisse d’un épisode très circonscrit dans le temps, la discussion fut très dense. Après avoir résumé brièvement les faits, je donnerai les éclaircissements apportés par le spécialiste qui répondait à nos questions et j’interrogerai le rôle de l’Etat.

 

Un « mardi pluvieux d’octobre », entre trente mille et cinquante mille manifestants français « d’Algérie » ou pour l’indépendance se rassemblent sans armes dans différent lieux de Paris. S’en suit une très forte répression : au total 15 000 arrestations, des milliers d’Algériens reconduits en Algérie, des hommes sont même jetés a la Seine, on estime le nombre de mort à deux cents.

 photo-12-janvier-1.JPG

Pourquoi un tel regroupement a ce moment de la guerre dans Paris ?

Le 5 octobre, un couvre-feu discriminatoire, puisqu’il s’adresse uniquement aux « français musulmans d’Algérie (F .M .A) », marque l’accentuation de la répression. Gilles Manceron explique leur état d’esprit : «  On va sortir nos plus beaux habits, on va aller aux Champs-Elysées, sur les Grands Boulevards, au Quartier latin pour montrer qu’on existe ; bien sûr on va recevoir des coups, mais on en reçoit déjà tellement… ». M. Manceron n’oublie pas cependant d’évoquer les pressions du F.L.N. qui pousse à manifester.

 

Pourquoi une telle violence de la part de la police française alors que la guerre touchait a sa fin et que le général de Gaule avait vu son action en faveur de l’autodétermination approuvée par le référendum du 8 janvier 1961 ?

D’après M. Manceron, cette question trouve une réponse dans le conflit interne au gouvernement français. De Gaulle sait qu’il doit faire la paix, mais il doit aussi compter avec ceux qui l’ont porté au pouvoir. En particulier le premier ministre Michel Debré, qui apporte son soutien au ministre de l’intérieur Roger Frey et au préfet de police de la Seine Maurice Papon (dont le rôle pendant l’Occupation, dans la déportation des Juifs de Bordeaux, le fait condamner en 1998 pour complicité de crime contre l’humanité).

Ces trois hommes sont en désaccord avec la politique de de Gaulle, G. Manceron les surnomme les « jusqu’au-boutistes » de l’Algérie française.photo-12-janvier-4.JPG

 Des policiers ont rapporté que Papon avait

 dit lors de plusieurs visites en octobre dans les

 commissariats de Paris et de sa banlieue :

 « Réglez vos affaires avec les Algériens 

vous-mêmes. Quoi qu’il arrive, vous êtes

couverts. ». Le jour de la manifestation, les

 radio cars de police avaient annoncé des

assassinats de policiers, éléments inventés dans

 le but d’abuser les fonctionnaires de police en

suscitant chez eux un réflexe de vengeance.

 

Le rôle de l’Etat dans cette affaire contribue à l’occultation du drame. Il décide la censure et ce n’est que 30 ans plus tard que la vérité sort enfin. Ce qui est encore « un trou de mémoire » aujourd’hui peut aussi s’expliquer par la place que prend l’affaire du métro Charonne du 8 février 1962. Cependant la vérité s’éclaircit petit à petit grâce a des études nouvelles sur le sujet : de nombreux livres* et de films comme celui de Yasmina Adi « Ici on noie les algériens », projeté en Février a la salle Jacques Brel.

 

 

* Marcel et Paulette Péju, Gilles Manceron, Le 17 Octobre des Algériens, Suivi de La triple occultation d'un massacre, Paris, La Découverte, 2011.

 Didier Daeninckx, Octobre Noir, Paris, AD Libris éditions, 2011

Le 17 Octobre 1961 par le textes de l’époque, préface de G. Manceron, Paris, Les Petits Matins, 2011.

 

Le second compte rendu a été réalisé par Faissal et Hamid Sabri de 1ère S1:

 

Conférence de Gilles Manceron sur l'évènement du 17 octobre 1961

 

Cette conférence s'est basée sur une date précise le 17 octobre 1961 qui est un sujet important qu'on appelle le passé colonial.

Manceron-1.JPG

Pendant 30 ans, l'absence de films, de travaux universitaires, de reportages et d'images montre le silence total de cette manifestation. De plus, les mensonges de la propagande à l'époque de cette révolte sont reproduits par l'État. Donc la société française a besoin de réfléchir sur son passé. livres.JPG

Cet évènement était une manifestation pacifique en plein cœur de Paris qui a été organisée le 17 octobre 1961 par la Fédération de France du FLN, en réaction à un couvre-feu institué par le préfet de police Maurice Papon, le 5 octobre 1961 . En effet, ce couvre-feu interdisait aux Algériens de sortir et de circuler le soir. De plus, les Algériens n'avaient pas le droit à une carte d'identité française et on leur refusait l'indépendance, ce qui a provoqué cette manifestation. Elle s'est déroulée dans des circonstances négatives : des civils sont tués, massacrés par des policiers français dirigés par Maurice Papon alors que les membres de cette révolte étaient désarmés et décidés à réagir à ce couvre-feu. Cet évènement est appelé un « crime d'état ».

Cependant, les policiers étaient surpris par l'ampleur de la manifestation, très dure à dénombrer mais ,avec environ 30 000 à 40 000 participants d'après les estimations ,c'était une mobilisation très forte. En janvier 1959, Michel Debré est nommé premier ministre jusqu'en avril 1962 mais il est en désaccord avec le président Charles de Gaulle concernant les négociations ouvertes en mai 1961.

Enfin, ceci est une moment important de notre Histoire contemporaine. Cela faisait 50 ans que l'État nous l'avait cachée.

 Manceron-2.JPG

 

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