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Béatrice Querry témoigne devant la classe de 1 Es1.

12 Février 2012 , Rédigé par profs Publié dans #Guerre d’Algérie - carrefour des Mémoires

Rencontre avec Béatrice Querry, le vendredi 3 février 2012.

 

Béatrice Kerry, professeur de français au lycée Léopold Sédar Senghor est venue nous raconter ce qu’elle avait vécu pendant et surtout après la guerre d’Algérie.

Béatrice  est la fille d’une mère kabyle et d’un père franco-italien. Ses parents se sont rencontrés pendant la guerre alors que son père était légionnaire. Sa mère n’avait que 17 ans lorsqu’elle naquit au terme d’une grossesse de 6 mois et 3 semaines, elle ne pesait que 850 grammes. Sa mère n’étant pas majeure,  Béatrice aurait pu être décrétée pupille de la nation mais, pour lui éviter cela, ses grands- parents l’ont reconnue comme leur propre fille. Ils décidèrent de partir pour la  France à la fin de la guerre en 1962 en laissant presque tous leurs biens derrière eux.

Béatrice et ses grands-parents débarquèrent à Marseille mais sa grand- mère ne voulant pas rester si près de son pays natal,  ils décidèrent  d’aller le plus loin possible. Ils prirent la route du Jura où ils trouvèrent refuge dans un camp militaire. Ils dormaient sur des lits de fer, l’endroit était très peu chauffé et ils étaient confrontés à un racisme devenu presque quotidien. Un jour son grand- père a été agressé,  pour avoir demandé un peu de lait chaud...

Ils vécurent ensuite dans une cité où elle put être scolarisée, mais encore une fois elle a dû affronter les commentaires racistes lorsqu’on l’insultait de « sale arabe », ou qu’on lui criait « retourne chez toi ». Elle se faisait également tirer les cheveux et cela ne gênait personne. Son grand- père la mit ensuite chez les bonnes sœurs où régnaient des règles strictes pouvant engendrer des châtiments corporels.

Beatrice Querry nous parla également de la Kabylie, une région du nord de l’Algérie constituée de la petite et de la grande Kabylie. Convertie au christianisme à l’arrivée des colons, les textes religieux furent traduits en kabyle.

Mais surtout, Beatrice Querry nous expliqua qu’elle avait un fort sentiment de reconnaissance envers son grand- père et sa grand- mère car elle considère qu’elle leur doit la vie et qu’ils ne l’ont jamais élevée dans la haine. Sa mère a ensuite été rapatriée en Suisse pendant 10 ans où elle a pu la voir environ une fois par mois.

Elle expliqua également que son grand père adorait la langue française, qu’il avait appris à lire à sa grand-mère et qu’il leur demandait de ne plus parler kabyle pour ne pas choquer les gens et favoriser leur intégration.

Pour conclure, elle cita  une phrase que son grand père avait l’habitude de prononcer et qui l’a marquée : « Sois comme le roseau de la fable, plis mais ne romps pas ».

Compte-rendu rédigé par Martin Letourneur, 1 ES1.

 

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