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Conférence de B. Stora sur "Camus et l'Algérie"

30 Décembre 2014 , Rédigé par profs Publié dans #Guerre d’Algérie - carrefour des Mémoires

Compte rendu de conférence

C'est avec plaisir que nous avons pu assister à une conférence animée par l'historien très connu Benjamin Stora. Professeur à l'Université Paris VIII et spécialiste de l'histoire du Maghreb et de la décolonisation, M. Stora nous a offert, le Samedi 6 décembre, à la Nacelle, une étude sur le personnage intrigant qu'est Camus en réitérant l'histoire de l'Algérie.
« En 2013, pour le centenaire de la naissance d'Albert Camus, Benjamin Stora devait organiser une exposition à Aix-en-Provence, mais il en fut évincé en raison d'une polémique soulevée par différents « groupes de pression ».
Cette affaire est symptomatique et révèle combien les questions soulevées par l'auteur de « La Peste » et « L’Étranger » restent extrêmement sensibles, comme une ombre portée par la guerre d'Algérie dans la société française d'aujourd'hui.

Nombreux sont ceux qui voudraient annexer Camus, le lire de façon univoque, l'enrôler dans leur combat politique. Peine perdue, la complexité de cet homme entre deux rives ne saurait être réduite à une cause ou à une identité. En France, comme en Algérie, la position de l'écrivain pendant la « guerre d'indépendance » fait toujours polémique. »
Très utile pour l'étude des "mémoires de la Guerre d'Algérie", la personne emblématique d'Albert Camus suscite encore l’intérêt de bon nombre d'historiens qui tentent de d’étudier certaines mémoires enfouies. Devenu un auteur par excellence et né en Algérie en 1913, Albert Camus a suscité beaucoup d’intérêt en 2012 lors du 50ème anniversaire de l'indépendance de l'Algérie.
Benjamin Stora tente à travers sa thèse de savoir pourquoi le personnage de Camus reste controversé en Algérie comme en France. De cela, découle une interrogation qui porte davantage sur la postérité de Camus et ses engagements politiques. Le titre de cette conférence « Albert Camus et l'Algérie » fait l'objet d'une réflexion sur la façon dont on peut lire les engagements de Camus autour cette l'histoire qu'est l’Algérie. Mort deux ans avant l'indépendance de l'Algérie, Camus n'a pas connu la fin de « l'histoire » proprement dite... A partir de là, on s'est toujours interrogé pour savoir qu'elle aurait pu être l'attitude de Camus s'il avait pu échapper a son accident. De quelle côté aurait été Camus ? Aurait été t-il un homme très engagé du côté de l'Algérie ou au contraire aurait-il quitté la France ? C'est là la grande question qui reste alors ambiguë et sans réponse précise. La mort subite de Camus laisse ouverte toute interprétation possible sur la position qu'il aurait eu face à la fin de la guerre. Encore de nos jours, les querelles de Camus portent essentiellement là-dessus et Benjamin Stora a tenté de répondre à ces questions en retraçant la vie de Camus dans ses engagements politiques et dans son rapport à l'Algérie.
Dans un premier temps, B.Stora évoque la situation familiale de Camus. En effet, il a été décrit comme étant un homme très pauvre né dans l'Est de l'Algérie qui a du tout devoir, en particulier a son instituteur. Cette condition est essentielle à la compréhension du parcours politique et engagé de Camus qui à toujours mis la question sociale au premier plan. Il apporte durant toute sa vie plus d'importance à ce rapport social, au détriment de la question nationale. Et c'est de manière assez logique qu'il s'engage au côté du parti communiste algérien dans les années 1935/1936/1937. Se battant pour le redressement social, il met sa priorité pour aider les classes sociales inférieures. A cette époque-ci, Camus estime que le parti communiste algérien ne se bat pas suffisamment et est exclu du parti communiste algérien.

L'Algérie connait en 1945 des « événements » (massacres) et Camus est le seul à condamner cette répression quand d'autres ont fait vœu d'abstinence à la parole. On pourrait dire qu’il était un homme moral dans un monde immoral. De plus, ses regards se tournent vers les individus et pas vers les peuples. Il s’adresse à des hommes qui souffrent, de par leur condition humaine, et peu importe qu’ils soient Français ou Algériens. Restant fidèle à sa préoccupation, Camus est un des premiers à vouloir manifester et faire entendre sa voix en dénonçant ces injustices sociales en écrivant la suite du livre « Misère de la Kabylie ». Camus s’en tient à la situation qu’il connaît, sans jamais la mettre dans une perspective historique. Il décrit les relations franco-algériennes de son époque, il dénonce éventuellement les abus qui existent, il les regrette, mais, par exemple, il ne remet pas en cause l’occupation même de l’Algérie, qui lui semble aller de soi et ce qui lui fait valoir controverse et critiques , point que soulève Benjamin Stora en parlant de la désolidarisation des amis de Camus et de sa période de « grande déprime ».
Camus reste par excellence un personnage très représentatif de ce qu'est l'histoire de l'Algérie. Une histoire caractérisée comme étant un règlement possible de la question nationale et de l'instauration de la justice et l'égalité sociale. Et c'est grâce au parcours de sa vie que nous pouvons comprendre la complexité de l'histoire entre l'Algérie et la France, et ainsi compléter les mémoires.

Livres conseillés à lire :

- Le premier Homme d'Albert Camus

- Camus brulant de Benjamin Stora

CR réalisé par Boukajouj Sakina ,TS1

Conférence du 06 décembre 2014

Nous avons assisté ce samedi 06 décembre 2014, à une conférence dirigée par Benjamin Stora à la nacelle.

C'est un historien très reconnu, il est également professeur à l'Université Paris VIII et spécialiste de l'histoire du Maghreb et de la décolonisation. Il nous fournira aujourd'hui une étude d'un personnage intriguant, Albert Camus.

"La conférence d'aujourd'hui devait se dérouler l'année précédente en 2013, car c'était le centième anniversaire de la naissance de Camus en 1913, on avait donc invité Monsieur Stora à réaliser une conférence en 2013, toute une série d'évènements ont fait qu’il n'a pas pu la faire plus tôt." dit-il.

En 2008, Camus était devenu une sorte d'auteur consensuel, un auteur qui ne soulevait pas de polémiques. Certains auraient pu dire même de manière injuste, un « auteur de classe terminale consensuel » avec des millions d'exemplaires vendus comme l’Étranger. Pourtant, 2013 vit une effervescence, de nombreuses polémiques et querelles. D'où le fait que Monsieur Stora écrit Camus Brûlant, tiré des leçons sur pourquoi dans le fond le personnage de Camus restait un objet de controverse, difficile à cerner pas simplement en France mais aussi de l'autre côté de la Méditerranée; malgré son immense talent que tout le monde lui reconnait dans l'écriture.

Benjamin Stora tente de savoir en quoi Camus constitue toujours ce personnage disputé en France mais aussi en Algérie?

Son propos portera aujourd'hui sur une interrogation qui porte davantage sur la postérité de Camus et ses engagements et comment peut-on les lire autour d'un épisode, d'un territoire essentiel à la vie de Camus , qui est l'Algérie.

Le titre de la conférence est « Albert Camus et l'Algérie » car c'est bien autour de la question algérienne que les questions polémiques subsistent, autour de Camus notamment avec son rapport compliqué avec l'Algérie.

Camus est mort en janvier 1960, donc deux ans avant l'indépendance de l'Algérie. Camus n'a pas vu la fin de cette histoire, il n’a naturellement pas vu les accords d'Evian, les départs en masse des Européens d'Algérie ...

A partir de là, on s'est toujours demandé quelle aurait pu être l'attitude de Camus s’il avait échappé à cet accident ? Quelle aurait pu être son attitude face à ce passage de l'indépendance de l'Algérie ? Aurait-il été du côté des indépendantistes algériens ? Est-ce qu'au contraire il aurait basculé vers le camp de l'Algérie française? C’est là une vaste question qui reste toujours une énigme qui n'a jamais été résolue.

Dans une lettre, il présentait la fin de l'Algérie française et prévoyait de partir au Canada.

Encore aujourd’hui, les querelles de Camus portent essentiellement là-dessus et Benjamin Stora a tenté de répondre à ces questions en retraçant la vie de Camus dans ses engagements politiques et dans son rapport à l'Algérie.

Benjamin Stora évoque la situation familiale de Camus. Il est issu d'une famille extrêmement pauvre né dans l'Est de l'Algérie. Il doit tout à l'école républicaine et bien entendu à son instituteur M. Germain. Dans le parcours même de Camus, sur le plan politique ou intellectuel, la question sociale sera décisive. Ce sera le critère le plus important pour lui et non pas la question nationale. Et c'est de manière assez logique qu'il s'engage au côté du parti communiste algérien dans les années 1935/1936/1937, se bat pour l'amélioration des conditions de vie des Européens d'Algérie appelés " les petits blancs" et la population algérienne musulmane appelée " les indigènes". Il faut donc se battre pour le redressement social, il privilégie l'aide des classes sociales inférieures. Dans ces années là, le parti communiste algérien n'est pas favorable à l'indépendance de l'Algérie mais pour l'égalité ou encore la justice sociale.

A l'époque Maurice Thorez ,qui est le secrétaire général du parti, explique qu'il faut construire une Algérie fraternelle existante dans le creuset, c'est à dire que l'Algérie est une nation en formation, et qui n'existe pas en tant que nation. Cette position est aussi partagée par Camus. Pour lui il n'existe pas de primauté de la question nationale en France comme beaucoup de militants à cette période.( 1935/1936/1937)

Restant fidèle à sa préoccupation, Camus est un des premiers à vouloir manifester et faire entendre sa voix en dénonçant ces injustices sociales en écrivant une série de reportage retentissant avec un titre provocateur, Misère de la Kabylie, où il raconte l'extraordinaire misère de la population Kabyle à cette époque comme il l'explique très bien: " Pour subsister il était obligé de disputer au chien sa pitance dans les poubelles". Il refera un autre reportage toujours en Kabylie mais en 1945 où il publiera la suite de Misère de la Kabylie pour constater que les choses n'ont pas évolué.

Cette question sociale est pour lui très importante et il estime que le parti communiste algérien ne se bat pas suffisamment et il est exclu du parti communiste algérien.

Il va ensuite aller à Paris, connaître un énorme retentissement, être dans la résistance, être dans la création du journal « Combat » où il va jouer un très grand rôle contrairement à d'autre intellectuels de l'époque. A cette époque là, l'Algérie n'est plus le centre des ses préoccupations. L'essentiel c'est la lutte contre le nazisme, contre le totalitarisme, pour la démocratie. Et là on voit apparaître un deuxième grand thème chez Camus, celui de la Démocratie politique.

L'Algérie connait en 1945 des « événements » plus précisément des massacres à Sétif et Camus est le seul à condamner cette répression, il s'oppose alors au parti communiste français. Il reste fidèle à ses préoccupations qui sont le redressement social. Camus est un des premiers à vouloir manifester et faire entendre sa voix en dénonçant ces injustices sociales en écrivant la suite du livre Misère de la Kabylie.

L'Algérie est revenue brutalement mais toujours dans le fond sur le même axe. En 1945, les gens sont réprimés, lorsqu’ils manifestent au nom d'un combat politique: l'indépendance de l'Algérie.

Nous sommes dans une situation de basculement, c'est à dire que de 1937/1939 et 1944/1945 quelque chose de nouveau est apparu: c'est l'accroissement du sentiment national. Ici Camus ne saisit pas le changement, c'est à dire le fait qu'on soit rentré dans une période très importante qui est celle de la décolonisation avec la conférence de San Francisco en particulier, le début de la guerre d'Indochine, ce qui se passe à Madagascar, les agitations au Maroc, en Tunisie… Une nouvelle période commence.

Cette question de la décolonisation va progressivement envahir l’ensemble du champ culturel et politique français dans les années 1945/1955. Or, à ce moment là, Camus s'oriente vers la lutte pour la démocratie politique en Espagne car il a un fort tropisme espagnol de sa mère ; ainsi que la lutte pour la démocratie politique ,ce qui va lui valoir beaucoup d'ennuis dans les pays de l'Est, c'est à dire contre le totalitarisme stalinien.

Dans le fond, Camus a toujours été un écrivain de plus en plus reconnu mais qui a toujours été un militant très engagé. Les positions qu'il adopte, l'isolent de la gauche politique alors il va se rapprocher d'un autre courant politique :le courant anarchiste.

Le plus bel hommage lors de sa mort est ainsi rendu par ses camarades anarchistes. Il était journaliste et très proche de ces ouvriers du livre dont la plupart étaient des militants anarcho-syndicalistes.

Nous pourrions dire que Camus était un homme moral. En effet, ses regards se tournent vers les individus et non vers les peuples. Il s’adresse à des hommes, qui souffrent de leur condition humaine et peu importe qu’ils soient Français ou Algériens. Camus décrit les relations franco-algériennes de son époque, il dénonce éventuellement les abus qui existent, il peut les regretter, mais il ne remet pas en cause l’occupation même de l’Algérie. Ce qui lui semble naturel, qui lui fait valoir cette controverse et ses critiques dont ce point que soulève Benjamin Stora en parlant de la désolidarisation des amis de Camus, qui entraina sa période de « grande déprime ».

Camus reste bien entendu un personnage représentatif de l'histoire algérienne. Cette histoire, cette bataille autour de Camus ,est vive et compliquée, elle continue en Algérie parce que dans le fond Camus n'a pas encore fait son retour dans l'espace public , politique et culturel en Algérie.

CR réalisé par Nawel Dellas ,TS2

Compte rendu de la conférence sur Camus et la guerre d'Algérie

Le samedi 6 Décembre 2014 nous avons eu l'occasion d'assister à une conférence donnée par le célèbre historien, Benjamin Stora à la Nacelle.

Benjamin Stora est un historien, spécialiste de la guerre d'Algérie, né en Algérie à Constantine en 1950. Il vécu en Algérie durant la guerre pendant douze ans puis sa famille s'exila en 1962.

Souvent connu pour son franc parlé et pour sa parfaite connaissance des thèmes qu'il aborde, Benjamin Stora nous a lors de la conférence transmis une autre vision de la guerre d’Algérie.

Le thème bien précis de cette conférence était "Albert Camus et la Guerre d'Algérie " Benjamin Stora nous a tout d'abord fait une courte biographie d'Albert Camus et a tout de suite justifié l'annulation de plusieurs conférences sur le célèbre écrivain.

En effet ,Albert Camus est connu pour son talent littéraire mais en 2012 (lors du centenaire de l'indépendance de l'Algérie) c'est plutôt pour ses prises de positions (ou au contraire pour sa "neutralité") durant la guerre d'Algérie qu'Albert Camus a fait l'objet de nombreuses "polémiques" ce qui a contraint de nombreux historiens dont Benjamin Stora à annuler de nombreuses conférences à son sujet.

Mais aujourd'hui Benjamin Stora nous confie sa satisfaction de pouvoir exprimer son analyse sur la prise de position et surtout sur le point de vue d'Albert Camus durant cette période trouble de l'Histoire française et algérienne.

Pour commencer son analyse, Benjamin Stora a posé sa problématique :"En quoi Albert Camus reste-il un personnage controversé en France et en Algérie ?".

Dans un premier temps Benjamin Stora a analysé le rapport d'Albert Camus à l’Algérie.

Albert Camus est mort en 1960 il n'a donc pas vécu la fin de cette guerre et n'a donc forcément pas eu connaissance des d'accords d’Evian, et du départ en masse des pieds-noirs.

Alors de nombreuses questions subsistent : Aurait-il pris position pour l'Algérie indépendante comme Jean Paul Sartre ?

Aurait-il pris position pour l’OAS, le livre Le Basculement De Camus en fait la thèse.

Ou aurait-il simplement quitté la France comme il l'avait dit dans un courrier ?

Toutes ces questions créent de nombreuses hypothèses sur Camus, ce qui laisse présager que cette énigme ne sera sans doute jamais résolue.

L'absence de réponses permet toutes les interprétations possibles, la mort de Camus avant la fin de la guerre laisse ouverte toutes les attitudes sur l'indépendance algérienne.

Pour Camus la question primordiale était la question sociale (le redressement social), elle était pour lui bien plus importante que la question nationale, pour lui le meilleur moyen pour éradiquer les inégalités sociales est l'éducation .En effet, pour lui les classes les plus pauvres de la société doivent grâce au savoir avoir leur émancipation sociale . Il s'est engagé dans le parti communiste Algérien en 1935 et se battait pour l'amélioration de la condition de vie pour les "petits blancs" et pour les "indigènes". Pour lui, l'instruction est le meilleur moyen d'éradiquer les inégalités sociales. Le parti communiste algérien n'est pas favorable à l'Algérie indépendante mais se bat pour l'égalité, Camus partage l'opinion du Parti Communiste algérien sur la justice sociale. Pour dénoncer les inégalités sociales, Camus écrit La Misère De La Kabylie , en 1935/1936 mais rien n'y fait ,la situation reste grave et la précarité est omniprésente , pour montrer que les choses n'évoluent pas il écrit la suite de La Misère De La Kabylie .

Pour le Parti Communiste algérien Camus n'est pas assez engagé et montre quelques fois des divergences d'opinions avec le Parti Communiste algérien et il est donc exclu du parti pour "Trotskisme".

Durant la Seconde Guerre Mondiale, Camus se bat contre l'occupation nazie et entre dans la résistance, il crée alors le journal "Combat". L'Algérie n'est alors plus en ce moment son centre de préoccupation.

C'est en Mai 1945 lors « d’événements», (le massacre de Sétif et Guelba) que Camus condamne dans sont journal fermement la répression de Sétif, il est d'ailleurs le seul à se soulever contre ces atrocités, cela est très important car plus tard on lui reprochera son silence. Camus s'opposera au Parti Communiste français qui ne condamnera jamais ces actes, c'est une forme d'opposition qu'il a envers le Parti Communiste français.

En 1939 les Algériens (indigènes) manifestent pour l'indépendance de l'Algérie il y a alors un accroissement du sentiment national. En 1945 les manifestants sont dans la rue et exigent la libération de Messali Hadj grand leadeur politique qui prône l'indépendance de l’Algérie, il y a une densification du sentiment national qui est exprimée par la formation de partis politiques et de grandes personnalités comme Ferhat Abbas ou Messali Hadj. Ces hommes deviennent les principaux acteurs politiques qui influent sur la population musulmane algérienne.

Or Camus ne saisit pas le changement, on est entré dans une période très importante qui est celle de la décolonisation avec la conférence de San Francisco en particulier, le début de la guerre d’Indochine, ce qui se passe à Madagascar, les agitations au Maroc et en Tunisie. Cette question de décolonisation va envahir l'ensemble du champ culturel et politique français dans les années 1945 /1955. Or à ce moment là Camus s'oriente vers quelque chose qui à ses yeux est très important : la lutte pour la démocratie politique en Espagne (contre le Franquisme) et puis la lutte pour la démocratie politique dans les pays de l'Est (contre le totalitarisme stalinien) et cela va lui valoir beaucoup d'ennuis dans les pays de l'Est surtout. Camus a toujours été un militant très engagé et dans cette période là 1945/1946 il va rencontrer une toute petite organisation politique car il a besoin de se "protéger" par rapport à la gauche politique française qui est très forte a l'époque (le Parti Communiste français est le premiers parti de France à cette époque ) or les position que Camus adopte par rapport aux pays de l'Est l'isole de la gauche politique ,alors il va se rapprocher d'un courant politique qui est le courant anarchiste , il écrit même sous pseudonyme dans Le Monde Libertaire et participe à de très nombreuses réunions avec eux .C'est d'ailleurs les militants anarchistes qui lui rendront le plus bel hommage à sa mort .Ce point d'Histoire va nous éclairer sur son attitude durant la guerre d'Algérie car lorsque la guerre d'Algérie commence dans les années 1954/1955 Camus reste centré sur la préoccupation sociale et il refuse la question nationale car pour lui la question nationale empêche ce qu'on pourrait appeler une dimension internationale du mouvement politique et idéologique politique. Il est très influencé aussi par les anarchistes et aussi par les Trotskistes de l'époque mais fondamentalement il n'est pas un nationaliste , or les mouvements algériens qui se dressent dans les années 1954,1955,1956 sont des mouvements politiques qui placent au premier plan de leur revendication la question Nationale et non pas la question sociale .Or, que se soit la priorité sociale ou que se soit son éloignement par rapport à la question nationale, Camus ne peut pas comprendre ni être dans cette thématique d'actions des mouvements nationalistes algériens . Camus était totalement immergé dans l'Histoire algérienne et il se rapproche progressivement de Messali Hadj (qui est opposé au FLN).

Camus n'accepte pas le FLN car c'est le contraire de son idéal, le pluralisme politique. Dans l’année 56, il se heurte aux problèmes de violence et fait la proposition d'une" trêve politique" conseillée par Yves De Chesait .Camus veut que les combats cessent pour épargner la vie des civils , le FLN acceptera mais ne respectera jamais cette trêve .A l’ été 56, il note que la trêve est impossible ,les détracteurs de cette trêve parlent de "capitulation" . Quand Camus quittera l'Algérie il sera crié "Camus au poteau», Camus prendra alors ses distances avec la guerre d’Algérie.

En 1957, Camus obtient le prix Nobel mais il est dépressif (à cause de la question algérienne). Camus se trouve dans un isolement et dit une phrase qui fit polémique "je préfère ma mère à la justice "il renonce alors à la question algérienne.

Dans le fond, Camus est très représenté dans l'Histoire algérienne .Camus savait pertinemment que la fin de cette Histoire était mauvaise et pour Camus il était impensable que les Algériens européens partent du territoire, il y a chez Camus comme chez tous les pieds noirs aujourd'hui un attachement à la terre algérienne. C'est après sa mort que les gens se disputeront son opinion.

En Algérie, Camus est coupable de ne pas s'être prononcé sur l'indépendance algérienne, et du coté des Français Camus apparait dans les années 70 comme un homme dont les engagements sont « fades», il est donc relégué comme un simple écrivain et non comme un homme engagé.

Une dernière question subsiste : pourquoi Camus est-il revenu dans les mémoires ?

C'est après l'effondrement du mur de Berlin que l'on a remarqué que Camus était très apprécié à l'Est par rapport à son engagement contre Staline.

En Algérie, Camus est revenu lorsque qu'il y a eu l'arrivée des islamistes des lors un aspect de violence refait surface et les jeunes intellectuels retrouvent la thèse de Camus.

La pensée de Camus est revenue en force (et aussi chez les nostalgiques).

Enfin, c’est dans les années 2000 qu'un parti d'extrême droite s'est servi de Camus (un mur du Front National avec une citation de Camus).

Cette conférence nous a ouvert les yeux sur un profond mal-être et sur un homme que l'on connaissait comme un simple écrivain et nous le voyons maintenant comme un homme engagé mais surtout humain.

(PS: on a même réussi à faire un selfie avec Benjamin Stora ;) )

CR réalisé par Kamila Debbouza ,TS2

La conférence dans la salle de La Nacelle à Aubergenville
La conférence dans la salle de La Nacelle à Aubergenville

La conférence dans la salle de La Nacelle à Aubergenville

Conférence de B. Stora sur "Camus et l'Algérie"
Conférence de B. Stora sur "Camus et l'Algérie"
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"Les héritiers " au cinéma à Mantes

16 Décembre 2014 , Rédigé par profs Publié dans #Culture - Art - Musique

Lundi 15 décembre , les 1S1 et les 1ES/S ont pu assister à la projection du film "Les héritiers" au MCGR de Mantes-la-Jolie .Ce film ,tiré d'une histoire vraie , raconte le parcours d'une classe de seconde de Créteil , faible et en décrochage scolaire , qui ,sous l'impulsion de son professeur d'Histoire,prépare le Concours National de la Résistance et de la Déportation.

Au delà du film lui-même et de sa réflexion sur le devoir de mémoire , la projection a été l'occasion d'une rencontre avec la réalisatrice ,Marie-Castille Mention-Schaar , accompagnée de deux de ses acteurs ,Ahmed Dramé et Noémie Merlant.

Pendant près de 3/4 d'heure , les questions se sont en effet enchainées lors d'un dialogue intense , suivi comme il se doit d'une séance de photos et autographes.

Merci à l'équipe du film ainsi qu'à Mme Boulogne , ex-Proviseure du Lycée à l’initiative du projet suite à une rencontre avec Mme Mention-Shaar,et à Mme Lordereau ,notre documentaliste,pour sa ténacité qui a permis d'organiser cette rencontre malgré plusieurs changements de dates .

Une séance spéciale organisée au MCGR
Une séance spéciale organisée au MCGR

Une séance spéciale organisée au MCGR

N. Merlant, A. Dramé et M.-C. Mention-Schaar
N. Merlant, A. Dramé et M.-C. Mention-Schaar

N. Merlant, A. Dramé et M.-C. Mention-Schaar

Séance photos après la discussion
Séance photos après la discussion

Séance photos après la discussion

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Visite de la Collégiale

10 Décembre 2014 , Rédigé par profs Publié dans #Seconde histoire

Mercredi 3 décembre , dans le cadre de l'étude de la chrétienté médiévale , la classe de 2nde C s'est rendue à Mantes-la-Jolie pour visiter la Collégiale Notre-Dame (avec un vidéo-guide) puis les fonds médiévaux du Musée de l'Hôtel-Dieu (visite guidée) .

La découverte du patrimoine local a été appréciée et les 2ndes A pourront à leur tour effectuer cette visite le 17.12.

La visite de la Collégiale avec vidéo-guides et questionnaires
La visite de la Collégiale avec vidéo-guides et questionnairesLa visite de la Collégiale avec vidéo-guides et questionnaires
La visite de la Collégiale avec vidéo-guides et questionnairesLa visite de la Collégiale avec vidéo-guides et questionnaires

La visite de la Collégiale avec vidéo-guides et questionnaires

Les vitraux de la chapelle de Navarre

Les vitraux de la chapelle de Navarre

La visite des collections de l'Hôtel-Dieu
La visite des collections de l'Hôtel-Dieu

La visite des collections de l'Hôtel-Dieu

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Visite-débat à la CAMY

10 Décembre 2014 , Rédigé par profs Publié dans #Première géographie

Mardi 2 décembre , deux classes de Senghor (1ES et 1ES/S) et une du Lycée St Exupery (1ES) se sont rendues dans les locaux du siège de la CAMY à Magnanville pour une présentation sur la Communauté d'Agglomération , ceci dans le cadre de l'étude "d'un territoire de proximité" prévue au programme de géographie.

La projection d'un diaporama a été suivie d'un débat avec administratifs et élu ( M. Maurey Vice-Président à la Formation et à l'Enseignement Supérieur ,maire de Boinville-en-Mantois) de la CAMY .

La suite de la journée a été ponctuée de visites sur le terrain d'aménagements réalisés par la CAMY :INNEOS (pépinière d'entreprises) pour les 1ES avec Mme Caussé , la piscine Aqualude pour les élèves de St Exupery avec Mme Chatelain et le Quartier Mantes Université pour les 1ES/S avec M.Planquais.

Merci à Mme Boulland et M. Elie pour cette organisation (y compris pour les boissons offertes aux lycéens et très appréciées !) qui devient une tradition (3ème fois déjà).

La présentation dans les locaux de la CAMY
La présentation dans les locaux de la CAMY

La présentation dans les locaux de la CAMY

Les 1ES/S devant la piscine Aquasport

Les 1ES/S devant la piscine Aquasport

Le pôle universitaire avec l'ISTY

Le pôle universitaire avec l'ISTY

La Halle Sultzer , futur centre commercial : la "Halle en ville"
La Halle Sultzer , futur centre commercial : la "Halle en ville"

La Halle Sultzer , futur centre commercial : la "Halle en ville"

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Comptes rendus de la conférence sur les frontières maritimes ,suite.

6 Décembre 2014 , Rédigé par profs Publié dans #Terminale géographie

Les frontières maritimes

Les mers et les océans n'appartiennent à personne et en même à tout le monde. Faut-il dresser des frontières et partager la mer en zone privée ou doit-elle rester accessible à tous ?
Qu'est-ce qu'une frontière ? Étymologiquement, le mot frontière vient de l'expression « aller au front » c'est-à-dire aller à la guerre. Plus couramment, une frontière est une barrière ou une limite invisible séparant 2 espaces, 2 États. Cependant, les frontières maritimes sont d'autant plus dures à tracer parce qu'elles traversent des espaces où il est impossible de mettre des barrières, de délimiter clairement un périmètre de sorte qu'il ne soit pas enfreint. De plus, l'établissement de ces frontières est lié à de nombreux enjeux géopolitiques qui entraînent parfois des conflits.


Comment tracer ces frontières ?
Il faut tout d'abord respecter certaines contraintes géopolitiques et donc établir un tracé qui doit être accepté par l'ensemble des acteurs, seulement il y a plusieurs niveaux de frontières, chacun défini par différents acteurs, ce qui rend parfois la tâche ardue.
La première est une ligne de base déterminée par les États riverains qu'on appelle eaux intérieures et qui prolonge l'espace terrestre car les lois des États riverains y sont appliquées. Sur ce premier niveau, est tracée la zone des mers territoriales qui fait 12 milles marins tout comme sa voisine, la zone contiguë qui est une sorte de zone tampon où il y a de nombreux enjeux économiques à faire valoir. Accolée à cette zone, il en existe une dernière appelée ZEE pour Zone Économique Exclusive qui fait environ 200 milles (soit 350 km) où les enjeux économiques sont encore plus importants que pour la zone contiguë car il y a beaucoup de ressources halieutiques, du gaz, du pétrole exploitables. Seulement cette exploitation a un coup non négligeable et aucun résultat n'est assuré car les conditions sous-marines sont différentes de celles sur terre, ces pratiques sont donc réservées à des États ''riches'' qui peuvent investir dans ce genre d'entreprise. Il y a aussi une possibilité d'étendre la ZEE mais pour cela il faut apporter une preuve géologique pour prouver que cette haute mer appartient au plateau continental, tout en sachant que la haute mer fait partie des eaux internationales et que remettre en cause cette délimitation est compliqué.
Ce mode de tracé est idéal quand il n'y pas de conflit.

Que faire en cas de conflits territoriaux ?
Les Nations Unies ont mis en place la convention de Montego Bay qui permet en théorie d'apaiser les conflits territoriaux car c'est un outil pour définir les frontières et donc cela permet de trancher en cas de conflits. Cependant, tous les pays du globe n'ont pas signé cette convention comme les États-Unis car cela leur permet d'aller dans toutes les mers du monde en ne devant rien à personne. Les États-Unis sont peut-être en train de changer leur position car la situation dans l'Arctique pourrait les amener à devoir discuter sur leurs possessions territoriales et leurs répartitions et donc signer la convention pourrait tourner à leur avantage.

La convention de Montego Bay est utile en cas de conflit mais est-elle toujours applicable ?
De nombreux passages maritimes séparent les mers, certains sont naturels comme les détroits et d'autres créés par l'Homme comme les canaux. Il existe plusieurs passages stratégiques qui s'ils sont fermés perturbent le trafic mondial et donc mettent en difficulté l'économie mondiale. Comment définir l'appartenance de ces points stratégiques à un pays en particulier tout en sachant que la convention de Montego Bay n'est d'aucun secours car parfois les zones maritimes de plusieurs pays se chevauchent en un même endroit ce qui rend la tâche difficile voire impossible.
Il y a donc une volonté des États de contrôler ces lieux stratégiques et donc de contrôler les nombreux enjeux économiques mais aussi de les protéger pour ne pas les mettre à mal. On voit donc la dimension économique des frontières maritimes, et on peut aussi imaginer les enjeux politiques sous-jacents liés à la possession et à l'exploitation de ces lieux.
De plus, si l'on considère les enjeux économiques, trancher peut affaiblir grandement voire détruire une économie si elle ne bénéficie plus de ces ressources. Et si l'on ajoute les risques de pirateries, les flux dans ces zones deviennent alors des cibles privilégiées. C'est pourquoi les États mettent en œuvre de nombreux moyens de protections pour assurer leurs échanges maritimes à travers le monde.
Par exemple, le détroit de Malacca au sud de Singapour est un passage stratégique où il y a d'énormes flux maritimes et donc économiques, d'ailleurs ce détroit est exposé à la piraterie ce qui nécessite une surveillance accrue pour ne pas mettre en péril l'économie de la région et à plus grande échelle l'économie mondiale.
Le problème des archipels se posent aussi : qui doit/peut exploiter ces milliers de km² d'espaces maritimes ? Doit-on tracer une frontière englobant toutes les îles d'un archipel et dire que l'espace maritime à l'intérieur de ces limites constitue les eaux intérieures ? Doit-on estimer que de cette frontière on établirait une ZEE ?

Quelques exemples de conflits territoriaux à travers le monde.
L'île Maurice est un petit État de 2 000 km² mais son espace maritime s'étend sur 1,6 millions de km² ce qui en fait un atout pour son économie. Cependant, son espace maritime ne bénéficie pas de ressources convoitées. La question de la possession par la France de l'île du Tromelin, qui est revendiquée depuis plusieurs années par les Mauriciens, est alors remise en cause, d'autant plus que par principe les Mauriciens estiment que le Tromelin leur est rattaché. Que faut-il faire ? Conserver à tout prix certaines îles en considérant qu'elles appartiennent au patrimoine français et permettent ainsi à l’État français d'asseoir sa souveraineté de par le monde ? Ou bien faut-il se dire que lorsqu'il n'y a pas d'enjeux économiques importants et donc pas de richesses convoitées, mieux vaut s'en séparer et comme pour le Tromelin accorder la possession de cette îlot aux Mauriciens ?
Le cas de la mer de Chine est quant à lui sujet à de nombreux enjeux économiques et politiques. La Chine dit que cette mer lui appartient car d'après sa conception des frontières, la plus grande partie de cette mer serait en sa possession et donc cela légitimerait son appellation. Seulement le Vietnam n'accepte pas le comportement de la Chine vis à vis de cette mer ce qui a entraîné des émeutes à Hanoï. La Malaisie dont la population est en grande partie d'origine chinoise est, elle, dans une position difficile. Quant au petit État de Brunei, la revendication de cette frontière est une nécessité car les ressources issues de cette mer lui sont indispensables pour le bon fonctionnement de son économie. De plus, dans cette zone il y a aussi 2 archipels qui selon le point de vue que l'on adopte et les documents que l'on consulte sont attribués soit au Vietnam (atlas Vietnamien), soit à la Chine (atlas Chinois) d'où la nécessité de varier les points de vue dans ce genre de situation. Il y a un vrai « jeu du chat et de la souris » entre les pays concernés, plus particulièrement entre la Chine et le Vietnam, et une forte instrumentalisation politique, il en résulte donc de fortes tensions géopolitiques.
L'Arctique est un territoire inhospitalier mais porteur de grands enjeux économiques qui tendent à se développer avec le réchauffement climatique, ce qui laisse penser que certains États n'ont pas vraiment envie que le réchauffement climatique cesse… La Russie revendique la moitié du pôle Nord tout comme les États-Unis et le Canada tandis que le Groenland appartient toujours au Danemark. Le Canada a d’ors et déjà installé une base militaire dans cette zone pour pouvoir intervenir à tout moment pour protéger ses intérêts économiques et avant tout les limites définies pour lui. Même si ces limites sont remises en cause par tous les États possédant une partie de l'Arctique, le découpage reste le même, pour le moment.
Il y a aussi non loin de la mer de Chine des problèmes entre la Corée et le Japon pour l'appellation d'une mer, doit-elle s'appeler mer de Corée (d'après les Coréens) ou mer de l'Est (d'après les Japonais) ? D'autant plus que le Japon se remilitarise progressivement, malgré les accords passés après la seconde Guerre Mondiale, ce qui pose problème par rapport aux souvenirs laissés dans les mémoires et les différents conflits avec les îles Senkaku, Takeshima et une autre île russe. Il y a d'autres problèmes territoriaux entre la Corée du Nord et du Sud près de la NLL soit la Norson Limit Line qui sépare l'espace maritimes des 2 États mais dont la définition n'est pas la même pour les 2 protagonistes. Cela entraîne des problèmes politiques car des pêcheurs se font surprendre par les gardes-côtes de l'un des 2 États et relance donc le débat sur leurs frontières et ravive leur rancœur conjointe.
En Europe, il y a eu un conflit territorial en mer Adriatique entre la Croatie et la Slovénie, et indirectement avec l'Italie, pour le tracé de leurs frontières maritimes qui n'était pas accepté par les 2 pays. La Croatie souhaitait un tracé qui lui permettrait un accès plus simple au port de Trieste qui est un pôle majeur de cette zone de la mer Méditerranée, toutefois le tracé slovène n'était pas le même mais la volonté d'améliorer l'accès au port de Trieste était identique. De plus, la condition sine qua none, posée par la Slovénie, pour l'entrée de la Croatie dans l'Union Européenne était de trouver un accord pour la définition de cette frontière. Dans l'impossibilité de le trouver, les 2 États ont fait appel à un arbitrage international qui a été validé par référendum. Selon le tracé, les enjeux sont différents et les bénéfices pour les protagonistes le sont tout autant d'où l'importance d'une bonne définition de ces frontières maritimes.


On peut retenir des ces frontières maritimes qu'elles sont difficiles à établir et qu'elles revêtent de nombreux enjeux de pouvoir et permettent également une instrumentalisation politique d'autres questions, d'autres points de discordes. Il faut aussi émettre des réserves car la population mondiale est en perpétuelle augmentation ainsi que ses besoins et l'on peut se demander si cela ne va pas remettre en cause l'utilisation de l'espace maritime et de la souveraineté de certaines frontières.

Dordet Lucie TS1

"Les Frontières maritimes"

Le Lundi 17 Novembre 2014 nous avons eu l'occasion d'assister à une conférence sur "les frontières maritimes». C'est un sujet généralement peu connu par les élèves que nous a expliqué un professeur de Géographie. Le professeur nous a énuméré quelques conflits géopolitiques liés aux frontières maritimes , il nous a ensuite montré l'importance de ces frontières et surtout les règles liées à ces frontières .Ce sujet peu paraitre complexe ou même vague , il n'en est rien bien au contraire , le conférencier nous a donné de très nombreuses explications illustrées par des cartes et des photographies , le sujet nous a permis de prendre connaissance d'une situation géopolitique qui nous était pour la plupart inconnue .
La principale information qui est ressortie lors de cette conférence c'est qu’étudier les frontières maritimes revient à étudier le partage du Monde. Le conférencier nous a tout d'abord donné sa définition du mot frontière qui est "une délimitation entre deux États (connotée souveraineté)». Il nous a ensuite donné l'étymologie du mot frontière, en effet ce mot a été créé sous Louis XIV et signifiait à l'époque "aller faire la guerre «, cette signification est importante et nous verrons qu'elle renvoyait à l'un des aspects les plus importants et complexes des frontières maritimes. Actuellement, le mot frontière a une connotation plus neutre.
Ils y a aujourd'hui 7 milliards d'habitants sur Terre et 194 États. Il est donc maintenant question de trouver les ressources nécessaires pour faire vivre la population de la Terre qui ne fait que s’accroitre. Pour pouvoir continuer à profiter de la communication et des échanges , les pays ont besoin d'espaces maritimes car aujourd'hui 75% des échanges mondiaux sont des échanges maritimes , donc les conflits les plus présents sont des conflits maritimes .Le conférencier nous a dit "La Mer n'appartient à personne mais elle appartient à tout le monde " , cette belle antithèse nous montre un aspect paradoxal du sujet , en effet ce sont les plus grandes puissances qui se sont appropriées les mers ,peu importe les distances conventionnelles qui ont été instaurées à Montego Bay en 1982 (Montego Bay a posé des règles sur la répartition des territoires maritimes) . Alors pourquoi les puissances enfreignent- elles ces règles ? Quels pays en particuliers sont concernés? En quoi la possession de ces espaces est-elles importante géopolitiquement parlant ?
Le conférencier nous a expliqué la difficulté de tracer des frontières maritimes lorsque les États n'étaient auparavant qu'un seul et même État, la répartition des espaces maritimes crée une rivalité de pouvoir sur les frontières maritimes "communes». Il a, pour illustrer sa thèse, donné l'exemple de Chypre avec la partie grecque de Chypre et la partie turque de Chypre, il a aussi utilisé le Maroc et l'Espagne qui sont pays deux voisins qui n'ont pas de barrières dans la Mer il y a donc une difficulté a contrôler l'entrée des frontières. Grâce à ces exemples le conférencier nous a démontré que les frontières maritimes étaient bien plus dures à tracer que les frontières terrestres.
Le conférencier a aussi insisté sur le cadre géopolitique en utilisant l'exemple de la Chine qui a l'une des routes maritimes les plus utilisées au Monde. La Chine considère que la Mer de Chine lui appartient de droit mais il y a un grand nombre d’États riverains (dont le Vietnam) qui n'acceptent pas cette répartition de l'espace car d'après Montego Bay les pays riverains ont des droits sur ces espaces. La Chine est donc l'un des pays qui ne respecte pas Montego Bay.
Comme nous l'avons vu si dessus, il y a des règles pour la répartition des espaces maritimes, en effet on établit tout d'abord la base tracée par l’État souverain il y a : - eaux territoriales (12 milles nautiques)
-zone contigüe (12 milles)
- zone économique exclusive (200 milles), c'est l'espaces où l’État assume la souveraineté juridique et fiscale.
C'est la zone économique exclusive qui contribue au partage inégalitaire des espaces maritimes, en effet, il y a des enjeux lors de la répartition de ces espaces maritimes, on peut prendre l’exemple avec les ressources en hydrocarbure et les États qui tentent de s'octroyer les mers , il est très difficile et très couteux de s'octroyer des mers il faut donc être un pays riche pour pouvoir s'approprier des espaces maritimes . Les États peuvent élargir leur zone économique exclusive jusqu' à 300 milles mais ils doivent prouver qu'il y a un plateau continental sous la mer.
Les États-Unis d'Amérique sont l'un des autres pays à ne pas respecter Montego Bay pour des raisons stratégiques, en effet ils ont une flotte qui parcourt le monde et qui couvre l'ensemble des mers or si ils acceptaient les règles imposées par Montego Bay ils ne pourraient plus avoir leur libre accès dans le monde. Hilary Clinton (Secrétaire d’Etat américaine jusqu’en 2013) a dit que les États Unis devraient reconnaitre Montego Bay.
Le conférencier nous a aussi expliqué le rôle des Détroits dans le monde maritime et leur importance dans le commerce, il nous a aussi donné les différences entre un canal et un détroit, la seule différence est qu'un canal est un passage créé par l'homme tandis qu' un détroit est naturel , ces endroits sont protégés car ce sont des objets internationaux.
La France aussi exerce sa souveraineté dans l'océan Indien dans le Tromelin. C'est le deuxième État le plus grand du monde avec les mers. Aujourd'hui la France s'interroge sur la nécessité d'avoir la souveraineté sur des iles inhabitées (mais elle a une crainte car le Royaume Uni a laissé partir le Koweït et peu après ils ont trouvé du pétrole).
Le contexte historique joue aussi sur la répartition des Mers .En effet, après la 2nde Guerre Mondiale le Japon a perpétré des massacres à l'égard de la population chinoise, ces actes odieux commis par le Japon lui ont valu d'être critiqué par l'ensemble des autres pays. Depuis le Japon mène une politique "dure" sur ses frontières.
En conclusion, il est difficile de tracer équitablement des frontières maritimes. La puissance géopolitique de certains Etats ne permet pas une répartition équitable de ces espaces, malgré les conventions internationales. Ces répartitions élargissent encore plus les inégalités aux niveaux du commerce, du développement, ou même des échanges mondiaux.

Debbouza Kamila ,TS2

Comte rendu de la conférence sur les frontières maritimes.

Une frontière est une limite créée par l’homme, servant de séparation entre deux États souverains.

Mais cette séparation n’est-elle que terrestre ?
Aujourd'hui la population et le nombre d’États augmentent de manière fulgurante. Il faut donc plus de ressources pour cette demande croissante.
Ces demandes vont créer des conflits de possessions et notamment sur la localisation des frontières maritimes.

Les frontières maritimes sont difficiles à partager vue la taille de l’océan. Or ne dit-on pas que la mer n’appartient à personne et donc à tout le monde. Surtout quand l’on voit que la majorité des transports de marchandises se font via la mer.
Mais alors comment trace-t-on une frontière maritime ? Alors que sur terre cela est signalé par des bornes.

Il semblerait ici que la frontière ne soit pas une ligne mais plutôt un espace.
Après la côte, le pays peut réclamer la possession de plusieurs milles après la ligne de base, jusqu’à la fin de la ZEE : zone économique exclusive, soit 200 milles. Elle peut même étirer son contrôle si le plateau continental est continu.
Plus le continuant est loin, moins le pays sera souverain sur les eaux.

Cela a été décidé en 1982 et appliqué depuis 1994, lors de la convention de Montego Bay.

Les cas particuliers :

Les détroits, notamment 7, sont des protes stratégiques maritimes. Ils sont indispensables, extrêmement pratiqués. C’est pour cela qu’ils sont sous contrôle international, et personne ne peut les revendiquer.

Les archipels ont une frontière maritime difficile à tracer. En effet leur ligne de base est incertaine. Avec la convention de Montego Bay, les archipels ont pour mer intérieure tout ce qui est entre les iles les plus éloignées. Et la ligne de base se délimite à partir des iles les plus excentrées.

Ainsi l’ile Maurice est en conflit passif avec la France sur la discussion de l’appartenance de l’ile du Tromelin.

Ou encore la Chine revendique deux archipels dans la mer de Chine. Cela lui permettrait d’étendre sa souveraineté maritime sur toute la mer de Chine et de contrôler donc un lieu de passage des plus importants.

Aussi la frontière maritime entre la Corée du nord et celle du sud est réellement difficile à appliquer pour les pécheurs.

Par ailleurs le Japon devient de plus en plus agressif vis-à-vis de ses frontières maritimes. Il semble rentrer en conflit avec la Chine et même la Corée. Mais ces conflits ne servent-ils pas à distraire le peuple de la politique et de la crise que vit le Japon ?

Une autre exception est le Pôle Nord. En effet, il devient chaque année plus facile à pratiquer. À terme, on peut voir dans le Pôle Nord un nouveau passage alternatif maritime. De plus, la fonte du pôle fait apparaître de nouvelles terres non exploitées.
Le nord attire avec ses nouveaux territoires et chemins de navigation. Son partage est plus que délicat vu le nombre de pays qui le revendiquent.

On peut donc dire que le travail des géographes est très complexe vu le nombre de particularités que présentent les frontières maritimes.

OULEBSIR Ghiles Ts1

Milan Ludovic ,TS2
Milan Ludovic ,TS2

Milan Ludovic ,TS2

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Article dans le "JTM" : Centenaire 14-18

1 Décembre 2014 , Rédigé par profs Publié dans #Centenaire 1914-18

Article du "JTM" du 27.11.14 ,p.2

Article du "JTM" du 27.11.14 ,p.2

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Conférence de B. Stora

1 Décembre 2014 , Rédigé par profs Publié dans #Terminale histoire

Pour la 3ème fois , B. Stora , grand spécialiste de la Guerre d'Algérie ,vient donner une conférence dans la région .

Celle-ci ,organisée par l'Université du Mantois C. Corot,se déroulera samedi 6 décembre à 16h à La Nacelle à Aubergenville.

Cette conférence sur "Camus et l'Algérie" peut être très utile pour l'étude des "mémoires de la Guerre d'Algérie" en Terminale (L/ES et S ).

Attention , les places étant limitées , inscriptions obligatoires (via ce blog , en "commentaire" de cet article ou via votre prof d'Histoire) .

Conférence de B. Stora
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