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Compte rendu de la conférence de B. Badie

8 Février 2015 , Rédigé par profs Publié dans #Terminale géographie

Professeur d'étude politique à l'institut d'étude politique et enseignant chercheur Bertrand Badie, a animé une conférence le 28 Janvier 2014 à la salle Jacques Brel. Aussi auteur de très nombreux ouvrages comme L'état du monde 2014 ,Bertrand Badie a présenté une conférence sur le thème des « puissances d'hier et de demain ».

Bertand Badie écrit L'impuissance de l'impuissance ou il donne une étude complète qui suggère une autre définition du mot puissance. Puissance est un terme très ambigu, et au de-là d’ambigu il est certes trompeur, Bertrand Badie tente alors de nous démontrer que ce que nous prenons comme puissance est dans le monde d'aujourd'hui quelque chose qui désigne la faiblesse.

Le terme « puissance » est aussi bien mystérieux que compliqué, par exemple en anglais il n'existe pas, ce même mot en anglais désigne le pouvoir. Max Weber, grand philosophe allemand définissait la puissance et disait « C'est toute chance de faire triompher au sein d'une relation sociale sa propre volonté même contre la résistance de l'autre, et cela quel que soit le moyen utilisé », et c'est peut être cela qui distingue la puissance du pouvoir; avec la puissance tous les coups sont permis, tous les moyens autorisés pour imposer son idéologie. C'est pourquoi les internationalistes comme Bertrand Badie s’intéressent à ce mot large de sens. Dans la vie internationale, la puissance est chose courante car le propre des relations internationales est caractérisé comme étant le pouvoir d'imposer sa volonté quels que soient les moyens utilisés.

La puissance d'une nation, comme par exemple la « puissance des Etats-Unis », est lourde de signification ; comment définit-on la puissance d'une nation ? Est-ce la puissance du Président des Etats Unis ? Est-ce la puissance de la nation des Etats-Unis ? Dans le monde tel qu’il est aujourd'hui, l'usage de la puissance militaire permet-il de résoudre tous les problèmes ? Comment se fait-il que la superpuissance qui couvre à elle seule 40% des dépenses militaires mondiales n'arrive pas à mettre un terme à des organisations terroristes telles que Daesh ou Al Qaîda ? Qu'est-ce qui caractérise en réalité la puissance ? « Je ne suis puissant que si on me reconnaît comme puissant », c’est ainsi que le professeur remet en question la puissance en elle même. La puissance est-elle la même que celle d'hier ?

La puissance n'est plus ce qu'elle était. La fin de la bipolarité, les échecs du développement, la prolifération de formes nouvelles et disséminées de violence, ont eu raison des certitudes de naguère. Les armées les plus modernes ou les plus sophistiquées échouent devant les actes de terreur les plus élémentaires ; à mesure qu'elles s'affirment, les dominations essuient davantage de contestation qu'elles ne recueillent d'adhésion ; quant aux menaces les plus diverses, elles échappent à tout espoir de contrôle.
Les États-Unis sont au centre du paradoxe : jamais un État n'a, dans l'Histoire, accumulé autant de ressources de puissance ; jamais pourtant il ne s'est révélé aussi peu capable de maîtriser les enjeux auxquels il doit faire face. La puissance ne peut plus se régaler aujourd'hui des effets revigorants du gladiateur ennemi qui fait face avec le même poids et les mêmes recettes.
« Privés d'ennemi qui leur ressemblent et qui leur opposent une puissance crédible, les États-Unis doivent aujourd'hui affronter une nuisance qui change l'équation du jeu international, tout en étant redoutable et extrêmement difficile à combattre. Derrière ces bouleversements stratégiques se cachent non seulement la fin des guerres d'autrefois, des formes nouvelles de violence et de conflit, mais surtout l'ouverture de la scène internationale aux individus et aux sociétés, c'est-à-dire à l'Autre, celui qu'on connaît mal ou qu'on choisit d'ignorer, qu'on accable d'humiliations faute de pouvoir le forger à son image. En bref, l'ignorance du monde post-bipolaire alimente ainsi de nouvelles violences et crée de nombreux dangers dont seul le multilatéralisme saura nous protéger. »

La première partie de la conférence s'est articulée autour de la redéfinition du terme de puissance à la lumière de divers phénomènes de l'actualité mondiale. Puis Bertrand Badie remet en perspective certains des faits majeurs de la géopolitique de ces dernières années telle que la mondialisation qui est caractérisée par l'inclusion et l’interdépendance. Le professeur et sociologue termine cette conférence d'une phrase résumant toutes nos pensées. « Derrière la complexité de la puissance il faut redécouvrir la simplicité ».

CR réalisé par Sakina Boukajouj ,TS1

B.Badie dans une salle J. Brel bien remplie
B.Badie dans une salle J. Brel bien remplie

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