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Conférence sur "Les frontières maritimes"

24 Novembre 2014 , Rédigé par profs Publié dans #Terminale géographie

Dans le cadre de son cycle "mers et océans" , l'Université du Mantois Camille Corot proposait lundi 17 novembre une conférence de Laurent Hassid , Docteur en géographie à Paris VIII , une conférence sur "les frontières maritimes".

Elle s’intercalait entre deux conférences de Pierre Royer ,diplômé IEP Paris,(les samedis 15 et 22 novembre à l'ISTY sur "la géopolitique des mers et des océans" et précédait celle d'Alain Miossec(géographe auteur notamment du "Dictionnaire de la mer et des côtes") le samedi 10.01.15. Toutes ces conférences s'avèrent particulièrement adaptées au chapitre de terminale (S/ES/L) sur "les espaces maritimes:approche géostratégique" étudié dans le cadre de la Mondialisation.

Celle-ci se déroulant sur temps scolaire a permis la présence des TS1 et TS2.

Voici un 1er C.R. de la conférence ( les autres seront prochainement en ligne):

Avant toute chose nous devons connaître la définition de frontière. Celle-ci peut se définir comme une délimitation entre deux états, cela connote l'idée de souveraineté. De plus ce terme vient de l'expression “aller au front” qui auparavant était synonyme de guerre mais peu à peu le terme de frontière est devenu plus neutre. Ensuite on peut observer qu'il est facile de déterminer une frontière terrestre avec des bornes par exemple, en revanche une frontière maritime est bien plus difficile à marquer. Au début le problème ne se posait pas, seules les frontières terrestres existaient. Cependant avec un nombre d'états en croissance, 194 états dans le monde à l'heure actuelle, et une population qui ne cesse de croître la nécessité de trouver de plus en plus de ressources dans un monde composé à 71% d'eau est arrivée. Ainsi aujourd'hui les frontières maritimes posent de plus en plus de problèmes aux enjeux géopolitiques notamment bien qu’historiquement les mers et océans soient à tout le monde et que ces problèmes ne devraient donc pas exister. Ces conflits sont également animés par l'enjeu économique très important que représente ces eaux, en effet 70% à 75% des échanges commerciaux sont des échanges maritimes.
Ainsi comment trace-t-on une frontière maritime? Quels sont les conflits géopolitiques que cette question entraîne?
Dans un premier temps nous verrons donc comment tracer une frontière maritime et dans un second temps quels sont les conflits géopolitiques qui en résultent.

Tout d'abord contrairement aux frontières terrestres les frontières maritimes ne peuvent pas être délimitées par des bornes. Elles correspondent plus à des espaces comme par exemple pour la ville espagnole de Ceuta et le Maroc qui possèdent tous deux un espace maritime qui se touchent mais comme ces frontières ne sont pas clairement délimitées elles sont difficiles à surveiller. Ainsi alors que pour les frontières terrestres on a des lignes de base, une ligne de référence faite par l'état riverain pour les marquer, pour les frontières maritimes on a des règles posées par la convention de Montego Bay créée par les Nations Unies en 1982 et mise en application en 1994. Cependant tous les états dans le monde ne l'ont pas ratifiée. Ainsi, un état l'ayant signée possède une mer territoriale de 12 milles marins, à partir de son littoral, sachant qu'un 1 mille marin fait environ 1,8 km une mer territoriale s'étend sur environ 21,6 km vers le large. Dans cette zone l'état assume l'essentielle de sa souveraineté ainsi il applique les mêmes lois que sur terre par exemple. L'état possède ensuite une zone contiguë qui va 12 milles marins plus loin, dans celle-ci il a encore une grande part de souveraineté mais qui n'est pas focalisée sur les enjeux économiques mais principalement sur les règles de sécurité...Enfin, sur 200 milles plus loin s'étend la ZEE, la Zone Economique Exclusive, mais celle-ci peut aller jusqu'à 350 milles si l'état peut prouver que le plateau continental va au-delà de la ZEE. Cette zone permet à l'état d'avoir pour lui seul la possibilité d'exploiter les ressources marines, sous-marines et souterraines comme le pétrole. Cela pose un enjeu économique important et accentue les inégalités dans le monde sachant qu'exploiter ces ressources souterraines est très onéreux et est donc réservé aux pays les plus riches. Ce système de délimitage engendre également d'autres problèmes comme avec les archipels. Cependant la tentation pour les états d'obtenir un plus large territoire maritime est de plus en plus forte à cause de l'enjeu économique. Malgré toutes ces zones accordées aux états, une grande partie reste libre soit environ 40% du monde mais cela attire déjà de plus en plus d'états et pose de nouveaux enjeux. Des exceptions à ces règles de bases existent obligeant la convention à en créer de nouvelles pour ces cas spécifiques. Ainsi, les détroits, passages naturels, et les canaux, passages créés par l'Homme, n'appartiennent à personne, il s'agit d'eaux internationales. On peut voir l'exemple du détroit de Gibraltar ou du canal de Panama. Ensuite pour le cas des archipels ,la convention les prend pour un tout ainsi les îles les plus externes constituent une ligne de bas à partir de laquelle on appliquera les règles habituelles.

Malgré des règles plutôt strictes des conflits éclatent pour ces frontières maritimes. Ainsi les cas de la mer Noire et de la mer Caspienne posent plus de problèmes car les états riverains doivent trouver un accord entre eux. On a également le cas de l'Ile Maurice qui pour 2000km2 possède 1,6 millions de km2 de mer mais qui est en conflit avec les Etats-Unis et la France pour l'ilot du Traumelin situé à 600km au Sud-Est de l'Ile Maurice car en en étant propriétaire elle aurait plus d'étendue maritime, d'ailleurs selon eux il leur appartient. Ensuite, on trouve le cas de la mer de Chine et du détroit de Malacca très empruntés pour le commerce et que la Chine considère comme sa propriété or divers états riverains qui n'aiment pas forcément la Chine peuvent contester cela comme le Vietnam, la Malaisie, les Philippines...Des tensions se créent alors notamment autour des archipels Paracel et Spartly inoccupés mais qui attisent les convoitises, les posséder signifiant posséder plus de territoires maritimes donc plus de ressources exploitables. Ainsi des accrochages ont souvent lieu entre la Chine qui fait passer des bateaux militaires dans ces environs et Brunei, un état riverain qui revendique aussi ce territoire et qui donc l'utilise. Une véritable guerre des cartes entre la Chine et le Vietnam s'est également créée, chacun représentant sur ses cartes ces territoires comme siens .Ces conflits peuvent d'ailleurs sembler étonnants d'autant plus que la population ne sait même pas où se trouvent ces archipels. Puis on a également l'exemple de la Corée du Sud et du Japon, empire maritime avec 4,5 millions de km2 de ZEE, qui se battent pour une île nommée Takeshima au Japon et Dodku en Corée, celle-ci étant plus proche du territoire coréen, la Corée la revendique. Ensuite on a l'exemple de l'Arctique de plus en plus convoité ces dernières années. Des conflits ont donc lieu entre: les Etats-Unis, la Russie, la Norvège, le Canada, le Danemark et l'Islande. En effet, le climat se réchauffant, l'été le dégel qui a lieu est plus important et crée de nouveaux détroits et donc des routes maritimes plus courtes que celles déjà existantes d'où un enjeu économique majeur. Ce réchauffement engendre aussi l'apparition de nouveaux territoires à conquérir. La Russie en réclame donc au moins la moitié avec le Pôle Nord notamment, c'est la “conquête de l'Arctique”. Quant aux Etats-Unis, au Canada et les autres pays impliqués, ils revendiquent des territoires qui vont plus loin que leur ZEE, ces territoires auparavant inhospitaliers attirant maintenant qu'ils offrent diverses ressources comme le pétrole. Pour leurs revendications chacun avance divers arguments s'appuyant ou non sur la convention de Montego Bay. Ensuite, le conflit le plus sensible est en Europe entre la Croatie et la Slovénie. Selon les Slovènes, pour tracer cette frontière maritime il faut suivre le cours du fleuve qui se jette dans la Baie de Piran, cela leur accorderait environ 95% de la baie. Ainsi le port de Kopler aurait accès à la mer Adriatique et pourrait s'ouvrir au monde. En revanche ,si la baie revient aux Croates ils auraient un accès au port de Trieste en Italie que ne leur offre pas les frontières terrestres. Il y a donc un attrait économique et pour en finir avec ce conflit les deux pays ont décidé de confier le litige à un tribunal international apte à rendre un verdict. Enfin, on remarque que ces conflits maritimes viennent surtout de l'éclatement d'anciennes puissances comme l'URSS et la Yougoslavie, la prolifération étatique pourrait donc poser problème.

Ainsi une part des frontières maritimes est plus difficile à tracer notamment à cause des enjeux soulevés. En effet, ces frontières dépendent d'enjeux de pouvoir et sont souvent instrumentalisées pour porter atteinte à des états “ennemis”. Enfin il faudra voir si la croissance de la population ne va pas remettre en cause la liberté d'action en mer. On est encore au début des problèmes de conflits maritimes.

Cantaloube Laurie TS2

En bon géographe ,L.Hassid s'est appuyé sur de nombreuses cartes présentées au public
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