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Comptes rendus de la conférence sur les frontières maritimes ,suite.

27 Novembre 2014 , Rédigé par profs Publié dans #Terminale géographie

Voici les autres C.R. de la conférence de L. Hassid à la salle J. Brel le 21.11.14 :

Ce lundi 17 novembre nous avons eu une conférence à la salle Jacques-Brel sur les frontières maritimes qui n’ont été étudiées que récemment. Nous savons tout d'abord que frontière vient de l'expression « aller au front » sous Louis XIV et était à la base un terme guerrier puis devient par la suite un terme plus neutre et on la définit actuellement comme une limite entre deux États. De ces frontières découlent de plus en plus d'enjeux mondiaux comme les échanges de commerce qui se font entre 60 et 75 % du temps par voies maritimes. De nos jours,les conflits sont autour des frontières maritimes puisque les mers et océans n'appartiennent à personne et donc à tout le monde à la fois. Ceux-ci représentent 75% de la surface terrestre.

Nous allons étudier les caractéristiques afin de tracer une frontière maritime puis quels problèmes elles occasionnent entre les différentes grandes puissances.

Tout d’abord, pour estimer la distance d'une frontière maritime, on ne parle pas en kilomètres mais en miles nautiques/marins. Afin de tracer cette frontière, nous devons repérer la ligne de base que constituent les littoraux aux abords du continent. Nous trouvons successivement la mer territoriale qui est d'au maximum 12 milles nautiques, ensuite la zone contiguë qui peut s'étendre jusqu'à 24 milles des côtes. Après celle-ci nous trouvons la zone économique exclusive qui représente jusqu'à 200 milles de la ligne de base. Dans cette zone, l’exploitation des ressources est praticable et très pratiquée. La pêche et les ressources naturelles sont de plus en plus prisées actuellement. Ces bénéfices occasionnent des tentations pour les États de s'octroyer des espaces supplémentaires au détriment des continents voisins. En 1982 a eu lieu la conférence de Montego Bay qui a permis de distinguer les différentes zones maritimes. Cependant cette convention n'est toujours pas acceptée par tous les États mais elle est actuellement remise en question. Les frontières maritimes contiennent certaines exceptions, notamment dans les détroits et canaux mondiaux puisque si ceux-ci sont fermés, alors le trafic est problématique et interrompu. Un détroit est un passage naturel maritime alors qu’un canal est un passage créé par l'homme. La stratégie des grandes puissances est donc de prendre possession de ces passages, cependant ils sont internationaux et protégés. Une autre exception pour les frontières est repérée autour des archipels mais la conférence de Montego Bay comprend toutes ces îles comme un tout, le problème ne se pose plus.

Ces frontières occasionnent certains problèmes maritimes entre les grandes puissances. Par exemple, il y a eu des problèmes pour définir les frontières dans la Mer Caspienne ou dans la Mer Noire. Dû à cela, la Mer Caspienne a été divisée en cinq pays riverains. D'autres problèmes sont présents comme sur l'île Maurice où les frontières sont définies par la barrière de corail. En 1810, elle fut d'abord une colonie française et obtient son indépendance. Les Mauriciens estiment leur espace maritime à 1,6 millions de km² mais ceci pose un autre problème puisque il y a une île au centre de la mer dans ce périmètre avec une piste d’aéroport pour bien montrer qu'elle appartient à l’État français. La France elle même est un territoire de 10 millions de km² avec les espaces maritimes et se voit être le deuxième État le plus vaste, peu derrière les États-Unis. Un autre exemple de problème maritime autour des frontières à l'échelle mondiale est au niveau de la mer de Chine. La frontière maritime est difficile à définir entre la Chine, le Vietnam, la Malaisie, les Philippines et d'autres îles … La Chine revendique que la mer de Chine lui appartient mais le Vietnam pourrait prétendre l'avoir avec la loi des 200 milles nautiques. Il y a donc régulièrement des accrochages entre les Chinois et les pays riverains. On parle de « mer de Chine » donc on sous-entend qu'elle lui appartient. Nous observons les mêmes problèmes avec certains pays qui s'auto approprient des espaces comme la Russie qui a planté un grand drapeau russe au pôle nord, imitant les Américains sur la Lune. Il y a réellement un esprit de conquête.

Les frontières maritimes constituent de nombreux enjeux mondiaux, ce qui suscite divers conflits entre les grandes puissances. Chaque passage marin représente plusieurs avantages notamment commercialement parlant. C'est pourquoi certaines îles et mers sont actuellement au centre des attentions afin de pouvoir s'enrichir et gagner en puis

Giavarini Mélina TS2

Conférence sur « les frontières maritimes » de Laurent Hassid

Une frontière est une barrière plus ou moins visible par les Hommes. Elle partage le monde entre les Etats (et également entre les régions, départements, villes…). La terminologie « Frontière » est un terme ancien qui signifie « aller au front », c’est un terme guerrier venant du moyen âge et des forteresses dans le Sud de la France. Le terme frontière correspond à une idée de souveraineté, chaque territoire se bat pour délimiter des frontières terrestres. Avec la prolifération étatique, l’augmentation du nombre d’habitants sur Terre (actuellement situé à environ sept milliards), et le développement des populations, les Etats doivent trouver plus de ressources. Les espaces maritimes sont donc de plus en plus convoités et les études sur les frontières maritimes sont donc récentes. Cette thématique est de plus en plus étudiée car il y a une augmentation du nombre d’enjeux géologiques avec de nombreux territoires à se partager. Les Etats les plus puissants sont donc ceux qui sont maîtres des mers et des océans, notamment grâce à la découverte de nouveaux continents, grâce à la thalassocratie et aux transports aériens (de passagers, militaires ou de marchandises). En effet, les échanges commerciaux sont très importants à l’échelle mondiale.
Aussi, quels enjeux et conflits soulèvent les frontières maritimes ?
Dans un premier temps, nous nous intéresserons aux moyens et manières de tracer une frontière, puis ensuite nous nous pencherons sur les situations géopolitiques soulevant des problèmes entre les Etats et sur les rivalités de pouvoirs faces aux frontières maritimes.

Il a plusieurs moyens de tracer une frontière. On peut, en effet, le faire par l’intermédiaire de réunions inter-Etatiques, de plébiscites, d’accords. La frontière convenue doit ainsi être acceptée par l’ensemble des acteurs partageant ce territoire. Les frontières terrestres sont délimitées par des bornes, panneaux, barrières … et elles sont contrôlées. Au contraire, les frontières maritimes relèvent d’une situation plus complexe car elles ne sont pas visibles, elles sont donc difficilement contrôlables et matérialisables. Il existe des cas généraux de frontières maritimes, mais également des cas particuliers, plus complexes. On peut prendre comme exemple la frontière entre la ville de Ceuta ( Espagne) et le Maroc où la frontière terrestre est bien visible car délimitée par une barrière, mais celle-ci ne continue pas dans la mer, pourtant la frontière maritime est présente (mais donc invisible). A Chypre, l’île est divisée sans frontière visible, car c’est plutôt une frontière culturelle qui est en place avec une partie de la population turque et l’autre grecque.

Pour tracer une frontière maritime, on utilise le mile nautique (1 mille nautique = 1,8 kilomètres) et un vocabulaire spécifique. Une frontière maritime est constituée de zones (donc pas de lignes) et différentes étapes sont nécessaires pour la former. Il existe trois zones : la mer territoriale (ou intérieur) qui est un prolongement de la zone terrestre et où il y a des contrôles fiscaux et sécuritaires ; la zone contiguë où une grande part de la souveraineté est encore exercée, avec des contrôles fiscaux et sécuritaire (notamment avec l’immigration clandestine) ; et enfin la Zone Economique Exclusive (ZEE) où il y a la possibilité d’exploiter des richesses marines comme la pêche, sous-marines et dans les sous-sols (hydrocarbures, gaz et pétrole).

[Cf le schéma en dessous des articles ]

L’exploitation de nombreuses richesses dans la ZEE représente une importance parfois vitale en termes économiques pour les Etats. Cependant, exploiter le fond des mers et des océans s’avère bien plus complexe difficile et coûteux qu’en milieu terrestre. Ce qui contribue à accentuer les inégalités entre les états (riches et pauvres). Comme le fond des mers n’est pas plat du fait des dorsales, fosses maritimes et autres phénomènes géologiques, les Etats ont la possibilité de revendiquer une ZEE plus importante. La ZEE s’étend habituellement sur 200 milles nautiques, les Etats pouvant prouver géologiquement que leur plateau continental est inférieur à cette distance ont la possibilité d’avoir jusqu’à 350 milles nautiques de ZEE. La revendication d’espace se fait de plus en plus, en effet la ZEE possède un grand nombre de ressources très convoitées pour les Etats, ces enjeux ne vont pas disparaître.

Le mode de tracé des frontières maritimes a été défini en 1982 par la Convention sur « le droit de la mer » dite de Montégo Bay (Jamaïque) mise en place par les Nations Unies. Tous les Etats n’approuvent pas cette convention, certains ne l’ont pas signé. Les Etats Unis, par exemple, disposent de leur flotte « libre », s’ils signent cette convention, ils n’auront plus la capacité de voyager sur mer sur tout le globe terrestre, mais en ne signant pas cette convention, ils n’auront pas non plus les avantages de cette convention.

Il y a un grand nombre d’exceptions dans les frontières maritimes. En effet,les détroits et canaux sont des lieux stratégiques du commerce international. Un détroit est un passage naturel et un canal a été créé pour l’Homme (par exemple : le détroit de Gibraltar, de Malacca, et le canal de Suez et de Panama). La fermeture d’un canal ou détroit devient un handicap pour le trafic mondial. La convention de Montégo Bay a pour objectif de contrôler la souveraineté de ses lieux stratégiques. En effet, un détroit peut avoir une partie de son territoire sur un autre Etat. Le détroit de Malacca est, par exemple, très important car il relie l’Europe avec des grands ports d’Asie, notamment Shanghai en Chine, la quasi-totalité du trafic Asie/Europe passe par cet endroit. La convention a pour objectif de protéger les détroits internationaux, c’est également le cas pour les archipels. On peut arriver à un espace marin de plus de plusieurs millions de kilomètres carrés avec les archipels. Ce qui pose encore des problèmes spécifiques, on délimite mal le nombre de bases, on prend donc la zone d’un bout à l’autre des eaux intérieures. Les Etats ont du mal à se mettre d’accord pour délimiter une frontière, comme avec le cas de la mer Caspienne et de la mer Baltique.

Dans cette deuxième partie de la conférence, de nombreux exemples sont donnés :
- L’île Maurice est un archétype du petit Etat. Elle fait 2000 km² et est délimitée par une barrière de corail qui empêche les prédateurs de passer. Elle acquiert son indépendance en 1968. Elle est constituée de plusieurs îles et on est en présence d’une superficie maritime de 1,6 millions de km² d’eau pour un Etat de 2000 km².


- L’île Tromelin est une île française située dans l’océan Indien. Elle se trouve à une distance de 600 km de l’île Maurice, qui la revendique. Elle fait une superficie de 1km2 mais permet à la France de posséder 280 000 km2 grâce à sa ZZE. La possession de cette île a cependant un coût qui n’est pas négligeable. On s’interroge donc sur la nécessité de garder le Tromelin car celui-ci n’est pas habité (hormis par les scientifiques effectuant des recherches). Or, on sait que la France est le deuxième Etat le plus grand après les Etats-Unis quant à la possession des espaces maritimes. Perdre ce territoire n’est donc pas une chose aisée à décider et ce sujet fait ainsi polémique.

- La Mer de Chine est un autre cas de situation complexe que l’on peut citer. En effet, la Chine considère que cette mer lui appartient, or ce n’est pas le cas même si elle en porte le nom. De nombreux Etats riverains sont ne sont pas en accord avec cette revendication, notamment au Vietnam, où des émeutes ont eu lieu récemment, ou encore en Malaisie, où un débat interne a lieu entre deux parties de la population, ou également à Brunei et aux Philippines. En effet, ces Etats cherchent à s’approprier la mer de Chine car elle possède deux archipels d’une dizaine d’îles. Ces Etats deviennent quelque peu dangereux du fait de cette rivalité et des tensions sont très présentes à l’échelle des pays.

Ces phénomènes sont typiques du XXIe siècle dans un monde qui s’est élargi et où les frontières maritimes tendent à devenir ce qu’étaient les frontières terrestres il y un siècle.

- On trouve le même type de situation entre la Corée du Sud et le Japon, notamment avec le nom de la mer (le Japon l’appelle "mer du Japon" et la Corée du Sud "mer de l’Est") et également avec la présence d’un archipel d’île nommé Dokdo (ou les rochers Liancourt). Sur la carte nous trouvons un frontière terrestre visible, or ce n’est pas le cas de la frontière maritime. Nous avons donc une "guerre des cartes" qui se met en place entre ces deux Etats. Des conflits sont très présents entre eux et on assiste à des problèmes comme les kidnappings sur les territoires maritimes qui sont gage de mauvaise foi entre ces deux populations.
De plus, le Japon est mal vu par les autres Etats pour ses actes durant la guerre, il provoque de la peur chez les populations et les Etats, il a une politique très agressive vis-à-vis de ses voisins. On a ainsi un risque de guerre ouverte entre la Chine et le Japon.

- L’Arctique est situé au pôle Nord du globe terrestre, il est proche du Canada, de l’Alaska (EU), de la Norvège (Spielberg), de la Russie et du Groenland (Danemark). Il subit des changements climatiques majeurs tels que la fonte des glaciers et de la calotte glaciaire qui reconfigurent les lieux. En effet, on a l’ouverture d’une nouvelle route maritime en été, notamment avec le détroit de Béring. La fonte de la banquise provoque l’émergence de territoires. Les Etats voisins de ces territoires sentent donc le besoin de se les partager. Les Etats sont donc en conflits, et certains, comme la Russie, vont même jusqu’à planter leur drapeau en Arctique (reprenant ainsi l’image des Américains plantant leur drapeau sur la Lune). Ces Etats riverains cherchent à rendre attractive cette zone du Nord qui auparavant ne l’était pas pour les populations à cause des difficiles conditions climatiques et environnementales. L’Alaska, par exemple, est centré autour de deux ou trois villes seulement, cela montre donc l’isolement de ses territoires inhospitaliers.

Il faudrait une structure militaire pour protéger et faire respecter la loi dans ces espaces afin de sécuriser le trafic vers le nord avec ces nouvelles routes maritimes.

- Ainsi, la Convention de Montégo bay entrée vigueur depuis le 16 novembre1994 laisse un délai d’une quinzaine d’années aux Etats qui veulent la rejoindre car elle veut protéger les passages maritimes ayant un enjeu transnational, comme ces nouveaux passages formés avec la fonte des glaciers en Arctique. Les différents acteurs se basent sur différents éléments de la Convention pour leurs revendications. Cela nous montre que l’on est dans une idée de vouloir étendre notre souveraineté. Ce phénomène d’actualité va provoquer des inégalités de pouvoirs entre les Etats dans les années à venir.

- Un autre conflit par rapport aux frontières maritimes a lieu en Europe entre la Slovénie et la Croatie. La Baie de Piran est située entre la Slovénie et la Croatie. La Slovénie voudrait que l’on se base sur le prolongement de la Dragonia (fleuve) afin de tracer la frontière maritime car cela lui apporterais plus de territoires maritime, l’Etat aurait ainsi accès à la mer Adriatique et aurait une plus grande ouverture maritime. En revanche, les Croates ne sont pas d’accord et voudraient un partage équitable de la Baie de Piran afin de pouvoir avoir accès au port de Trieste situé en Italie. En effet, il y a une dimension psychologique pour les Croate qui voudraient pouvoir faire sur mer ce qu’ils ne peuvent pas faire sur terre, c'est-à-dire avoir accès à l’Italie. La Croatie veut entrer dans l’Union Européenne. Pour cela il lui est imposé un arrêt du conflit donc un accord avec la Slovénie sur cette frontière maritime. Cette décision a été prise grâce à un référendum.

- La prolifération étatique risque de provoquer plus de problèmes complexes comme cela et d’avoir des conséquences sur les frontières maritimes.

Ainsi, une frontière maritime est bien plus complexe à tracer qu’une frontière terrestre, aussi bien parce qu’elle n’est pas visible que parce qu’elle soulève un grand nombre d’enjeux géopolitiques et économiques à l’échelle mondiale. Les terrains maritimes sont complexes à analyser mais possèdent de nombreuses de ressources. La croissance de la population provoque l’augmentation des besoins et des ressources, elle pourrait donc contribuer à diminuer la liberté d’action en haute mer.

Anne-Fleur TOTAIN TS2

Compte rendu de la conférence

Les Frontières Maritimes

Une frontière est invisible, par définition, et constitue la limite entre deux états. Elle est connotée par une idée de souveraineté. Le mot frontière, vient de l’expression « aller au front » datant de l’époque de Louis XIV et qui signifie se rendre au combat, à la guerre. Cependant, ce terme est devenu plus neutre au fil des années.

Dans l’Histoire, les océans et les mers n’appartenaient à personne et pourtant ils étaient très convoités, car, les maîtres de ces lieux étaient considérés comme les plus puissants. Ainsi, même si les frontières maritimes ont longtemps été délaissées, elles représentent une thématique de plus en plus étudiée. En effet, le transport mondial, passant par la mer dans 60 à 70% des cas, et constituant un enjeu important, les conflits frontaliers concernent aujourd’hui majoritairement les frontières maritimes.

Ainsi, il s’agira, dans un premier temps, de s’intéresser à la manière de tracer une frontière maritime. Nous aborderons ensuite les conflits et les enjeux soulevés pas les frontières maritimes.

Tout d’abord, il est important de préciser qu’une frontière, pour être légitime, doit être acceptée par l’ensemble des acteurs, d’où l’existence de conflits liés à ce sujet. Les frontières terrestres ne présentent pas, dans leur tracé, une complexité égale à celle des frontières maritimes : la limite terrestre peut être modélisée par des bornes, ce qui n’est pas le cas dans l’océan. Ainsi, la détermination d’une frontière maritime est bien plus difficile et est régie par plusieurs règles.

La délimitation de la frontière s’établit en milles nautiques et non en kilomètres (1 mille nautique équivaut à environ 1,8 km) et elle est délimitée à environ 200 milles nautiques. Elle est constituée, en premier lieu, de la ligne de base. Cette ligne de référence inclus les baies et les irrégularités des côtes afin d’être peu tortueuse. Ensuite, trois zones spécifiques sont identifiées, constituant la propriété de l’Etat avant la frontière. On a alors, la mer territoriale (environ 12 milles nautiques) : l’Etat assume l’intégralité des charges, la législation, la règlementation sur les déplacements maritimes (bateaux), etc. Après, vient la zone contigüe (environ 12 milles également), sur laquelle l’Etat détient encore une part importante de souveraineté, qui reste néanmoins majoritairement économique. Enfin, apparaît la Zone Economique Exclusive (ZEE). Cette dernière peut être prolongée jusqu’à 350 milles nautiques si l’Etat est capable de prouver que son plateau continentale s’étend au-delà de la ZEE initialement prévue. Il est intéressant et convoité de détenir une grande surface maritime, en raison des ressources halieutiques (relatives à la pêche) et en hydrocarbure que celle-ci peut présenter. Cependant, l’exploitation des gisements sous l’océan est très cher et bien plus compliqué que sur terre. En effet, il existe aussi des reliefs sous la mer, ce qui rend l’extraction des hydrocarbures d’autant plus difficile.

Néanmoins, cette délimitation du territoire est possible seulement lorsque les états riverains sont un peu éloignés. De plus, ces règles sont récentes : elles ont été établies en 1982, lors de la conférence de Montego Bay, en Jamaïque, qui débouche sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Une première conférence sur le même thème avait eu lieu en 1973 à New York, mais les travaux débutés à cette date n’ont été achevés qu’en 1982. De nombreux membres de l’ONU, tels que la Communauté européenne ont ratifié ce traité, pourtant il demeure encore plusieurs récalcitrants à cette convention. Il s’agit notamment du cas des Etats Unis, qui possèdent des flottes couvrant l’ensemble des mers et océans, et qui devront renoncer à leur libre circulation maritime s’ils signent cet accord. Cependant, la situation évolue tout de même, puisque Hilary Clinton, candidate potentielle aux prochaines élections présidentielles américaines, a déclaré que reconnaître la Convention constituerait un objectif futur, et serait même bénéfique à l’Etat.

Par ailleurs, les détroits et les canaux constituent des points stratégiques que les grandes puissance. Un détroit se définit comme un passage naturel tandis qu’un canal correspond à un couloir créé par l’homme. Ainsi, le trafic maritime mondial se joue en six ou sept points clés, que la convention de Montego Bay considère comme des passages internationaux (exemple du canal de Panama ou du détroit de Gibraltar) et ils nécessitent une protection.

D’autre part, il serait intéressant de comprendre de quelle manière la ZEE est déterminée pour les archipels. La convention de Montego Bay redéfinit également ce point : les îles sont considérées comme formant un ensemble, un tout, et leur ZEE est « tracée » à partir des îles les plus éloignées. De même, il existe d’autres cas plus complexes, où il a fallu réfléchir au problème de la définition de la ZEE. On a ainsi les exemples des mers Noire, Baltique ou Caspienne. Cette dernière était anciennement considérée comme un lac, mais elle a ensuite été divisée entre les cinq pays qui sont la Russie, l’Azerbaïdjan, l’Iran, le Kazakhstan et le Turkménistan, nouvellement appréhendée comme une mer.

Ainsi, les frontières maritimes sont des limites complexes à définir et dont les règles peuvent varier d’un cas à un autre. Il s’agira alors maintenant de s’intéresser à différents exemples représentatifs des conflits que peuvent générer ces frontières.

Tout d’abord, on va s’intéresser au cas de l’île Maurice. L’archipel constituant la République de Maurice est entouré de la barrière de corail, localisé dans le bassin de Mascarène et couvre une surface de deux mille mètres carrés. Sa séparation avec l’île de la réunion se situe au niveau de l’îlot Tromelin. Il s’agit d’une île inhabitée, à 600 kilomètres de Maurice, et possédant une piste d’avion pour accueillir les patrouilles et touristes français. Cette île à la fois convoitée par les Mauriciens et les Réunionnais joue un rôle essentiel dans la définition de Maurice, en tant que nation.

La mer de Chine est également un lieu de tensions. En effet, la route la plus commerciale du monde passant par la mer de Chine et le détroit de Malacca, ces eaux sont très convoitées. Ainsi, la Chine considère ces eaux siennes et pense que les Etats riverains ne sont pas en mesure et ne doivent pas désirer ces territoires marins. Pourtant, le Vietnam, la Malaisie (dont une partie de la population est d’origine chinoise), Brunei, les Philippines ou encore l’Indonésie possèdent eux aussi une façade maritime donnant sur la mer de Chine et ont donc normalement droit à une partie de ces eaux : ils sont donc concernés par ce sujet. Le problème vient alors majoritairement de deux archipels d’îlots inhabités, Sparth et Paracel, qui sont convoités par ces pays : cela crée des tensions à l’échelle internationale. Dès lors, on note l’opposition entre la Chine et le Vietnam, qui tous deux réclament l’archipel de Paracel, et désirent qu’il leur reviennent grâce aux règles de la ZEE. De plus, Brunei et les Philippines dénoncent plutôt une ZEE chinoise trop grande et empiétant sur leurs territoires maritimes. Néanmoins, les pays frontaliers de la Chine ne se résignent pas aux décisions de cet état. Par exemple, le Vietnam fait apparaître sur ses cartes les territoires maritimes considérés comme siens et pourtant revendiqués par la Chine.

Enfin, l’aspiration de la Chine à détenir l’intégralité de la « mer de Chine » se voit également par l’appellation de ces eaux : « mer de Chine » renvoie à un territoire appartenant exclusivement à la Chine. De même, une autre mer est nommée « mer du Japon » par le Japon et « mer de l’Est » par la Corée. L’appellation détient donc une importance non négligeable.

Ainsi, on voit naître un monde caractérisé par l’ouverture de nombreuses frontières, mais des conflits sont toujours présents.

Par ailleurs, des tensions similaires sont présentes dans l’Océan Atlantique, avec les îles Malouines revendiquées par l’Argentine. Il s’agit d’un archipel de l’Atlantique Sud situé à 480 km des côtes argentines et formant un territoire britannique d’outre-mer. Ces îles ont été l’enjeu d’un affrontement militaire (entre la Grande Bretagne et l’Argentine), et ont été à l’origine de la Guerre des Malouines en 1982.

De même, on voit apparaître la Northern Limit Line (NLL) séparant les deux Corées, qui a pour but de marquer la séparation entre ces deux territoires et de mettre fin à tout conflit causé par les revendications territoriales, notamment maritimes (dans ce cas).

D’autre part, le Japon connaît également des tensions dues aux frontières maritimes. En effet, les nombreuses îles formant l’archipel japonais permettent à l’état d’étendre sa ZEE, et qui devient alors la sixième puissance mondiale en terme de ZEE, avec près de quatre millions de kilomètres carrés. Cependant, cela n’est pas toujours du goût des états riverains, ce qui cause des litiges du Japon avec tous ses pays voisins. Par exemple, l’île de Tsuchima est plus proche de la Corée, ce qui n’empêche pas son appartenance au Japon. Néanmoins, les pays frontaliers osent peu se révolter car les massacres commis par le Japon durant la Seconde Guerre mondiale les effraient.

La Croatie et la Slovénie sont également en conflit, causé par la détermination de leurs frontières maritimes, au niveau de la Baie de Piran. D’une part, les Slovènes considèrent que la baie leur appartient dans sa quasi totalité et ils prouvent cela en utilisant le prolongement de leur fleuve, la Dragonia. Par conséquent, la Slovénie aurait, depuis le port de Koper, un accès direct au monde et aux eaux internationales, ce qui lui éviterait la construction très onéreuse d’un corridor. Toutefois, cela s’effectuerait aux dépens de la Croatie. Cette dernière voudrait donc entraver la ZEE Slovène afin de conserver un accès au Golfe de Trieste et à l’Italie. L’opposition entre ces deux états va plus loin, lorsque la Slovénie refuse l’entrée de la Croatie dans l’Union européenne (leur litige sera ensuite confié à une instance indépendante). De plus, la Croatie a le même problème lié aux frontières maritimes au Sud, avec Monténégro. Ainsi, on remarque que lorsque que ces deux état n’en formaient qu’un seul (la Yougoslavie), ces tensions n’existaient pas. Dès lors, on peu penser que la prolifération étatique est à l’origine d’un risque accru de problèmes frontaliers.

Le Pôle Nord présente, de nos jours, de nombreux enjeux. En effet, même si l’Arctique est un territoire très peu hospitalier, il est convoité par le Canada, la Russie, les Etats-Unis, le Groenland, l’Islande (mais moins fortement), et l’Europe, notamment avec la Norvège. Cet intérêt inattendu pour les espaces arctiques s’explique par la fonte de la calotte glacière ; si cela est à l’origine de catastrophe naturelle, elle permet néanmoins l’ouverture de nouvelles routes maritimes. Ainsi, le détroit de Béring représente un enjeu important car il pourrait servir à plusieurs pays qui l’utiliseraient alors à la place d’autres trajets plus longs et plus coûteux. Par ailleurs, la Russie est en droit de revendiquer des territoires arctiques puisque le plateau continental russe s’étend énormément, d’où la permission d’une plus vaste ZEE, contrairement aux Etats-Unis qui ne peuvent pas avancer de revendications pour les territoires arctiques, tant qu’ils n’ont pas ratifié le traité de Montego Bay.

La conquête de l’Arctique est donc progressivement réalisée, et ce malgré un isolement incontestable des territoire. (Par exemple, Juno, capitale de l’Alaska, n’est pas accessible par voie terrestre).

Ainsi, les frontières maritimes sont beaucoup plus complexes à définir que les frontières terrestres, car il est nécessaire d’analyser auparavant les enjeux soulevés. De plus, elles sont dépendantes des enjeux de pouvoir. En effet, l’instrumentalisation politique de celles-ci peut conduire à d’autres tensions, et elles se révèlent alors être un prétexte de conflits. Enfin, il sera important de constater et d’étudier si les enjeux maritimes et la question de la navigation libre en haute mer ne seront pas remis en cause par l’augmentation de la population mondiale et de ses besoins.

ISSIKI Rim Tle S2

Compte-rendu du 17 novembre 2014

Les frontières maritimes

Le terme frontière a son origine viens de l’expression « aller au front » celle-ci avait une connotation guerriere et puis par la suite le terme est devenu beaucoup plus neutre. Ainsi le terme frontière est utilisé généralement pour délimiter deux Etats sur un milieu terrestre, la délimitation terrestre reste généralement simple et définie par le passé du pays. Cependant les frontières maritimes sont des espaces et non des « lignes » à délimiter ce qui complexifie cette tâche. De plus la Terre est composée à 71% d’eau, de nos jours les voies maritimes sont très utilisées généralement pour le transport de marchandises et donc un mauvais agencement pourrait causer une multitude de conflits.
Alors comment agence-t-on ces frontières maritimes ? et quels sont les conflits engendrés ?
Tout bonnement ,nous aborderons en premier lieux la création de ces frontières maritimes et par la suite les conflits qu’ils peuvent créer.

Nous devons rappeler tout de même que les mers et les océans n’appartiennent à personne ,cependant une zone est plus réservée à un Etat qu’un autre ,ainsi les frontières peuvent évoluer. Pour régir les frontières ,les Nations Unies ont créé la convention de Montego bay qui a été signée le 10 décembre 1982, la grande majorité des pays industrialisés l’ont ratifié ,à l’exception des Etats-Unis.
Cette convention permet diviser en plusieurs zones l’espaces maritime d’un pays .Avant d’expliquer son organisation rappelons tout de même que 1 mille nautique équivaut à 1.8km.
L’organisation commence en partant du rivage par la mer territoriale de 12 milles de long, sur cette zone le pays exerce l’intégralité de son pouvoir et de ses lois .Puis vient la zone contiguë qui s’étend une fois encore sur 12 milles, cependant son pouvoir vient légèrement se réduire et reste surtout complet pour les normes de sécurité. Enfin vient la Zone Economique Exclusive (ZEE) celle-ci n'est utilisée que pour l’exploitation (exemple : les hydrocarbures) et s’étend sur 200 milles avec une extension possible si il y a des preuves que le plateau continental est plus grand que la ZEE.
Enfin les détroits restent les zones les plus dures à délimiter puisqu’ils sont des voies maritimes incontournables.

La convention crée cependant certains conflits géopolitiques comme avec l’île Maurice qui ,à cause de ses multitudes d’îles , crée un territoire maritime 500 fois plus grand que sa superficie terrestre. Ainsi elle rentre en conflits avec les Etats-Unis pour une Île voisine.Effectivement une multitudes de conflits résultent de la convention tout comme en mer de Chine où la Chine dit que la mer lui appartient et les Vietnamiens en revendiquent une partie avec des îles , ce qui engendre des tensions.
De même pour la Corée du Sud et le Japon , l’île de Takeshima appartient au Japon alors qu’elle est dans le territoire légitime de la Corée du SUD.
Cependant un autre type de conflits vient à se créer dans l’Arctique. En effet ,le changement climatique fait fondre une partie de l’Arctique et vient à créer de nouvelles routes maritimes qui permettent un transport plus court pour les marchandises entre certains pays et donc suscite un intérêt économique majeur malgré que ces territoires restent inhospitaliers. D’où un intérêt soudain du Danemark , du Canada , de la Russie et des Etats-Unis .Cependant une partie de ces pays n’ont aucun territoire dans leurs ZEE pour prétendre à avoir une partie , et notons que les Etats-Unis veulent une partie de cette zone sans avoir ratifié la convention .Le Canada a lui déjà entrepris la construction d’une base militaire. Enfin ,le conflit avec le plus de tension se trouve en Europe avec la Slovénie et la Croatie , où tous ne sont pas d’accord avec la frontière définie , puisque qu’ils ont tous deux à gagner un intérêt économique ,soit pour la Croatie avec un accès aux ports en Italie, soit pour la Slovénie un accès a la mer Adriatique .Alors pour régler le litige les deux pays ont convenu de laisser le Tribunal International trouver une solution.

Pour finir ,nous pouvons dire que les frontières maritimes sont très complexes à définir du fait des conditions géopolitiques .De plus ,ces frontières ne sont pas complètement fixées et donc sont remises en cause au fur et à mesure des besoins des pays .Enfin ,les conflits actuels ne sont sûrement qu’un début et en présagent bien d’autres en approche.

Silem,Yohan TS2

Compte-Rendu sur « Les frontières maritimes »

Les frontières sont la séparation entre 2 ou plusieurs États, lorsque l'on énonce des frontières, on pense généralement aux frontières terrestres . Néanmoins, il existe d'autres types de frontières notamment les frontières maritimes. L'augmentation de la population mondiale a favorisé l'augmentation du besoin de ressources. Les mers, constituant 71% de la surface de la Terre et étant plutôt riches en ressource, sont devenues non négligeables et donc l'idée de frontières maritimes a fait surface.

Les frontières maritimes possèdent un problème : elles sont généralement difficile à marquer et à définir.

De manière générale, on définit une frontière maritime en partant de la ligne de base, puis la mer territoriale où s'étend la souveraineté des États côtiers jusqu'à 12 milles nautiques. Ensuite, il y a la zone contigüe qui s'étend sur 12 milles nautiques depuis la mer territoriale. Dans la zone contiguë, l'Etat n'est pas totalement en pleine souveraineté. Et pour finir, la zone économique exclusive(ZEE) qui permet à l'Etat d'exploiter les ressources maritimes de manière exclusive. Les frontières maritimes, en plus d'être difficile à marquer, elles sont difficiles à surveiller, à renforcer ; mais aussi à exploiter (sous l'eau, topologie complexe,etc).

Le mode de traçage a été décidé à la conférence de Montego Bay en 1982, qui sera véritablement appliquée vers 1994. Néanmoins, certains pays ne sont pas en accord avec cette convention car cela les désavantage. Par exemple, les E.U. possèdent 7 flottes à travers le monde donc ils refusent cette convention même si cela crée des conflits internes.

Les détroits sont aussi traités dans la convention de Montego Bay car ils ont un rôle très important étant donné qu'ils sont des points stratégiques importants. En effet, si un détroit n'est plus ouvert au libre passage et a la circulation, il pourrait entraîner l’arrêt temporaire de certains trafics marins. Il y a aussi un problème de propriété , étant donné que la grande majorité des détroits appartiennent aux États riverains et que certains de ces États sont potentiellement dangereux. Ils sont alors « dépossédés » du détroit. Dans la convention de Montego Bay, les détroits devraient être internationaux, être protégés et n'appartenir à personne.

La convention de Montego Bay permet de définir la notion d'archipel et de définir leurs frontières maritimes. De manière générale, on prends les îles les plus éloignées appartenant à l'archipel puis ce ces îles, on détermine la frontière selon les même critères que pour un état côtier.

Même si en théorie, la délimitation des frontières maritimes n'est pas extrêmement complexe ; en réalité, cela est bien plus difficile car de nombreux facteurs entrent en jeu.

On peut prendre l'exemple de l’île Maurice ; les Mauriciens considèrent l’île Rodrigues et l’île Chagos comme appartenant à l’île Maurice, ce qui augmenterait diamétralement sa zone maritime, mais créerait des tensions avec d'autres États proches.

Certains États prennent sans justification certains espaces; notamment la Chine qui considère que la mer de Chine méridionale lui appartient alors que cela ne correspond pas aux critères de la convention de Montego Bay. Grands nombres d’État riverains ne sont de base pas en bonne relation avec la Chine et n'apprécient pas du tout ses agissements (Vietnam, Philippines , etc...).

La Chine, le Vietnam et les Philippines se disputent notamment les île Spartley et Paracels. Alors que si la Chine suivait la convention de Montego bay, la partie ouest devrait appartenir au Vietnam et la partie est aux Philippines.

On peut prendre comme autre exemple de litige, celui entre le Japon et la Corée du sud, pour l’île Dodko. La Corée du Sud nie le droit du Japon de nommée la mer du Japon, « la mer du Japon ».

Néanmoins, le cas du Japon est un peu spécial :

Le Japon, archipel possédant 4 îles principales et d'une ZEE de 4 479 358 km^2, possède l’île Ryoku qui lui permet d 'éloigner de manière importante ses frontières maritimes. Mais le Japon a laissé une mauvaise image à cause de son rôle dans la seconde guerre mondiale et notamment de sa récente politique agressive envers ses voisins ( rivalité avec la Corée du Sud et « conflits » entre la Chine et le Japon).

On remarque aussi l'émergence d'une sorte de conquête de l'Arctique. En effet, l'Arctique a notamment des avantages dans le transport marin car il permettrait de raccourcir certains transport maritimes (notamment pour la Chine et le Japon). L'Arctique est actuellement « partagé » entre la Russie (qui en possède la moitié), les États-Unis , le Canada, l'Islande, etc.

Les frontières maritimes ont fait naître une « guerre des cartes », dans les atlas de livres de certains pays les informations sont modifiées ou sont volontairement oubliées. Ces frontières maritimes semblent devenir ce que les frontières terrestres étaient il y a un siècle , donc de plus en plus fermées. La mise en place de ces frontières maritimes et devenue beaucoup plus complexe avec la présence des décombres d'anciennes grandes puissances (URSS) et de la prolifération étatique sur terre ce qui a une conséquence directe sur les frontières maritimes .Néanmoins, malgré cette prolifération étatique encore 40% des mers n'appartiennent à personne même si les États risquent de s'y intéresser très prochainement.

Nous verrons si l'augmentation de la population mondiale et par conséquent l'augmentation du besoin en ressources ne va pas remettre en cause la liberté d'action en mer. Mais nous ne sommes qu'au début du phénomène des frontières maritimes et cela va donc évoluer dans un futur proche.

Ivan Monchaux TS2

Compte rendu de la conférence sur les frontières maritimes.

Les frontières sont des séparations entre deux Etats. Elles ont été créées par l’Homme et sont invisibles dans le paysage. Le mot « frontière » vient de l’époque de Louis XIV avec l’expression « aller au front » qui était donc un terme guerrier, devenu peu à peu un terme neutre.

Sur terre, elles correspondent à une succession de bornes. En revanche, sur mer, elles sont souvent beaucoup plus complexes à définir car on ne peut pas, par exemple, les représenter par un mur ou autre. Ces frontières maritimes engendrent de nombreux conflits (la majorité de ceux actuels) car l’espace marin représente 70% de la surface de la Terre et il est plein de ressources. De plus, être maître des océans est synonyme de puissance. En effet, les transports maritimes représentent par exemple 70% des échanges dans le monde.

Le fait que les Etats sont de plus en plus nombreux, tout comme la population, par conséquent, les ressources deviennent de plus en plus exploitées, et les frontières maritimes sont de plus en plus difficiles à mettre en place.

La conférence s’est organisée autour de deux grands points : le tracé d’une frontière maritime et les situations géopolitiques qu’elles entraînent.

Une photo de l’entrée du port de Split en Croatie permet d’illustrer l’idée qu’une frontière maritime n’est pas une ligne mais plus un espace. Cette idée est renforcée par la deuxième illustration opposant, au niveau d’un port au Maroc, une frontière terrestre marquée par une barrière et une frontière maritime non-matérialisée.

Ensuite, un schéma a permis au conférencier de nous expliquer la création et l’organisation d’une frontière maritime. Les distances utilisées pour ces frontières sont les milles nautiques. L’état souverain trace une ligne, qui sera la base, la référence, pour les calculs de la mer territoriale, de la zone contiguë et de la zone économique exclusive du pays.

De plus, quelques informations supplémentaires y ont été importées. Effectivement, la mer territoriale correspond à un prolongement de l’espace terrestre sur mer car l’Etat y exerce sa souveraineté, de la même façon que sur Terre. On retrouve dans la zone contiguë une grande part de souveraineté mais les états se concentrent, au niveau de cet espace, sur les enjeux, les ressources. Enfin, la ZEE correspond à la zone d’exploitation du milieu marin mais aussi des sous-sols (hydrocarbures principalement). Cependant, cette dernière zone, difficile et donc coûteuse à exploiter, renforce les inégalités entre les états.

Avec tous ces enjeux présents dans les milieux marins, on remarque une tentation de plus en plus vive de la part des états dans le but d’obtenir une grande partie des mers. Ainsi, certains Etats augmentent leur ZEE à 350 milles. Lorsque la marge continentale s'étend au-delà de 200 milles, les États peuvent prétendre exercer leur juridiction jusqu'à 350 milles marins des lignes de base. De plus, les eaux internationales (eaux sous l’autorité d’aucun état), représentant une grande partie des espaces maritimes vont donc commencer à intéresser de plus en plus de monde, la question du libre droit en haute mer serait donc peut être remise en doute.

Pour continuer, les détroits constituent aussi des enjeux importants car ils permettent une facilité des échanges maritimes mondiaux. Ceux sont des passages naturels, en opposition avec les canaux, eux, créés par l’Homme. Six points géographiques sont donc extrêmement influant dans le commerce comme les détroits de Magellan ou de Gibraltar. Au vu de l’importance de ces passages, souvent entre deux états, les grandes puissances ont souvent cherché à en être maîtresses, constituant des endroits stratégiques. Les détroits, aujourd’hui, peuvent être en partie sous la souveraineté de certains états mais doivent rester neutres et protégés. Ainsi, un pays ne peut pas décider seul de la fermeture d’un tel passage.

De même, les archipels peuvent être très intéressants car, lorsque les îles sont éloignées, la ZEE est très importante. La conférence Montego Bay a donc défini le fait que ces îles formaient un tout et donc la ZEE est calculée à partir d’une ligne de base basée au niveau des îles les plus éloignées, considérant les espaces entre les îles comme eaux intérieures.

Les frontières maritimes sont donc très complexes à définir, chaque cas est différent des autres. De plus, tous les enjeux que constituent les milieux maritimes entraînent donc inévitablement de nombreux conflits politiques.

Le premier cas de conflits géopolitique est celui de l’île Maurice (île la plus développée d’Afrique). En effet, cette dernière est à proximité de plein d’autres îles et les mauriciens estiment donc que leur espace marin associé à celui de chaque île. Or, une de ces îles est occupée par les Etats-Unis (base militaire) et une autre appartient à la France (Tromelin). Donc, on voit apparaître des conflits au niveau de la répartition de ces espaces marins. Mais, le Tromelin représente des coûts importants pour la France, ajouté au fait que les Mauriciens exercent une demande oppressante concernant l’obtention de cet espace, il se pourrait que, dans quelques temps, la France décide de leur laisser cette île. Il faut cependant noter que la France est le deuxième pays, juste derrière les Etats-Unis, au niveau de la superficie des mers et des océans lui appartenant.

Ensuite, la mer de Chine est aussi responsable de nombreuses tensions. La Chine considère cette mer comme la sienne mais un grand nombre d’Etats s’y oppose. C’est par exemple le cas du Vietnam, de la Malaisie, des Philippines ou encore de l’Indonésie. La possession de cette mer est très intéressante car elle fait partie de la principale route commerciale maritime. De plus, on y trouve un nombre conséquent d’îles inhabitées.

De même, on retrouve la même situation de tensions entre la Corée du Sud et le Japon. Avec ce cas, le conférencier a pu mettre en évidence la « guerre des cartes ». En effet, la mer séparant ces deux pays possède deux noms : « la mer du Japon » et « la mer de l’est ». Sur les atlas des différents pays, on remarquera donc des différences au niveau des appellations. Cette situation est d’autant plus grave car elle ne s’arrête pas qu’aux atlas car certains pêcheurs auraient été enlevés et même, pour certains, tués car ils avaient péché en dehors de leur « limites », de leurs « frontières », pourtant non exactement définies. De plus, le Japon (sixième puissance maritime) connait une situation semblable avec la Chine. L’enjeu de ces frontières est, encore ici, la possession d’îles afin d’obtenir un espace maritime plus vaste.

Un autre terrain très convoité est l’arctique. Cet espace est sous la souveraineté de grandes puissances. Le réchauffement climatique, provoquant la fonte des glaces et par la même occasion la montée des eaux a permis l'’ouverture de nouvelles routes maritimes. De plus, la découverte récente de la présence d’hydrocarbures dans les sous-sols de l’arctique a attiré encore plus d’intéressés. C’est en partie pour cela qu’un esprit de conquête pour ce territoire est apparu. Son partage a été long, de 1999 à 2009, les états ont donc eu le temps de faire part de leurs revendications et de les justifier.

Pour continuer, la baie de Piran constitue aussi un problème géopolitique. Les slovènes revendiquent le prolongement de la Dragonia pour délimiter leur espace maritime (90% de l’espace) alors que les croates exigent un partage équitable.

Ainsi, entre 1991 et 2008, de nombreuses tractations ont été effectuées. Puis, ce conflit est même allé jusqu’à la pose du véto de la part de la Slovénie à l’entrée de la Croatie dans l’Union Européenne. Finalement, les deux pays se sont mis d’accord pour un arbitrage international indépendant. De plus, il faut également noter que la Croatie a le même problème avec le Monténégro au sud.

Ce genre de problème est souvent fréquent lors de la dislocation de grandes puissances comme le cas de la Yougoslavie. Il faut donc noter qu’avec la prolifération étatique, il y a un risque d’augmentation concernant ce genre de problème frontalier maritime.

Pour conclure, les frontières maritimes sont beaucoup plus complexes à tracer que les frontières terrestres. De plus, elles sont dépendantes des enjeux de pouvoir et deviennent alors l’instrumentalisation politique d’autres problèmes.

Dans les années à venir, l’augmentation des populations et des besoins pourrait provoquer la remise en question du libre droit en haute mer.

Florian Cosseron ,TS2

Schéma de la délimitation des espaces maritimes (cf aussi doc 3 p 265 du manuel de TS, p 158 manuel TES/L)

Schéma de la délimitation des espaces maritimes (cf aussi doc 3 p 265 du manuel de TS, p 158 manuel TES/L)

Carte de la baie de Piran

Carte de la baie de Piran

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